France, Empire épuisé : le vide laissé par l’AES révèle sa fracture et la victoire sans coup férir de Poutine !

par Africadev
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 Depuis plusieurs mois, la France, jadis symbole de « rayonnement international », traverse une crise politique et sociale inédite. Emmanuel Macron, réélu à la présidence mais minoritaire à l’Assemblée nationale depuis les dernières législatives, campe sur une verticalité que le pays ne supporte plus. Alors que la rue explose, manifeste, hurle sa défiance, l’Élysée semble sourd au verdict des urnes, brouillé avec la réalité démocratique, incapable de bâtir un gouvernement stable ou de faire passer un budget crédible. Les Premiers ministres s’enchaînent, mais aucun ne tient la barre. L’hypothèse d’une démission présidentielle, évoquée sur les plateaux télévisés, devient la seule issue crédible à une situation qui, à bien des égards, dépasse déjà la crise institutionnelle pour impacter la crédibilité lointaine de la patrie des Lumières.

La tragédie silencieuse française.

Depuis 2024, une révolution silencieuse a bouleversé la donne économique : l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Niger, le Burkina Faso et le Mali, a repris le contrôle de ses ressources minières, autrefois exploitées par les grandes entreprises françaises et occidentales. La perte de ces rentes et l’accès désormais très restreint à l’or, l’uranium, la bauxite et d’autres minerais stratégiques ont privé la France d’un “poumon” financier crucial. Sans la manne sahélo-saharienne, l’Hexagone, déjà fragilisé, apparaît au grand jour dans sa nudité économique : déficit chronique, dette galopante, inflation, la fausse grande puissance (la France) affiche des signes de déliquescence budgétaire sans précédent.

La chute libre des dernières années s’explique aussi par cette séparation brutale d’avec l’Afrique. La France moderne, au-delà du mythe, a longtemps vécu à crédit symbolique et financier sur le dos de ses anciennes colonies. Aujourd’hui, le divorce est consommé, et avec lui, un modèle de domination qui, dans l’effondrement, révèle brutalement ses propres faiblesses. Au Sahel, la souveraineté retrouvée suscite l’admiration, et le contraste, pour Paris, est sans appel : tant que Paris pillait, tout allait, plus ou moins. Désormais, au Sahel, c’est la fierté locale qui tient le haut du pavé ; à Paris, c’est la débâcle qui s’affiche sur tous les fronts.

Ce chaos nourrit le discours du Kremlin. Vladimir Poutine, en maître du jeu, observe, commente, s’en amuse même. Si la Russie, malgré la guerre, affiche une stabilité sociale et économique, la France, elle, chancelle sous le poids de l’impuissance institutionnelle, de la division, du manque de ressources. Comment, dans ces conditions, Paris pourrait-il encore prétendre sauver l’Ukraine ? À Moscou, la réponse est claire : cette Europe-là, empêtrée dans ses contradictions, ne pourra plus compter sur la France pour porter un projet de défense commune et encore moins jouer les gendarmes du monde ou les sauveurs de Kiev.

En 2025, la France vit à crédit sur tous les plans. Sur le plan écologique, le “jour du dépassement” est tombé le 19 avril : si toute l’humanité vivait comme les Français, il faudrait près de trois planètes pour subvenir aux besoins de la population. Sur le plan politique, Macron n’écoute pas, ne négocie pas, ne gouverne plus, alors même que les crises s’enchaînent : énergie, climat, sécurité, industrie. Sur le plan international, la France, amputée de ses ressources africaines, n’inspire plus le respect ; elle inspire la pitié de ses anciens alliés et la moquerie de ses adversaires.

La leçon est tragique : la France ne fait plus illusion. Ni en Afrique, où elle a vu les portes se refermer, ni en Europe, où elle est incapable de peser, ni chez ses citoyens, qui attendent une démission salvatrice. Poutine, de son côté, peut souffler : le pays qui rêvait d’être le chef de file de l’Europe apparaît désormais comme son maillon faible, incapable de se sauver lui-même, a fortiori de sauver l’Ukraine.

Cette débâcle, c’est l’aboutissement d’un modèle à bout de souffle, d’une diplomatie coloniale obsolète, d’une démocratie fatiguée, d’un État qui ne sait plus gouverner. Si la France veut retrouver sa place, elle devra chercher à se restaurer et négocier d’égale à égale et avec respect au le Sahel, mais aussi à réinventer son modèle de gouvernance et sa politique en Afrique qui intègre la souveraineté des pays africains. Macron devra aussi écouter la rue, renouer avec la sobriété, la compétence, le dialogue, la responsabilité. Sans cela, Paris, ex-empire, n’offrira plus que le spectacle de son propre effondrement et Poutine, désormais, peut jouer tranquillement son grand jeu, sans craindre l’ombre portée de la France.

Nourdeen Didier ALOHOU

Expert en transformation sociale

DG AFRICADEV

LOME

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