Togo : La démission de Victoire Tomégah-Dogbé, un tournant décisif vers la Vᵉ République

La scène politique togolaise vient de vivre un moment historique. Ce vendredi 2 mai 2025, Victoire Tomégah-Dogbé, Première ministre et première femme à occuper ce poste au Togo, a présenté sa démission ainsi que celle de l’ensemble de son gouvernement au président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé. Ce geste, loin d’être anodin, s’inscrit dans le respect strict des exigences de la nouvelle Constitution, adoptée en mai 2024, qui balise la transition vers la Vᵉ République et l’instauration d’un régime parlementaire.

Une exigence constitutionnelle et un cap républicain respecté

La démission du gouvernement Tomégah-Dogbé n’est pas seulement une formalité politique : elle répond à une obligation des textes fondamentaux du pays. En effet, la Constitution du 6 mai 2024 prévoit explicitement une période transitoire de douze mois, au terme de laquelle toutes les institutions de la Vᵉ République doivent être installées. Cette transition implique la disparition du poste de Premier ministre, au profit d’un président du Conseil désigné par l’Assemblée nationale, qui concentrera désormais le pouvoir exécutif, tandis que le président de la République assumera un rôle essentiellement honorifique.

Un pas décisif vers la nouvelle République

La décision de Victoire Tomégah-Dogbé et de son équipe marque ainsi la clôture de la IVᵉ République et l’ouverture d’une nouvelle ère institutionnelle au Togo. Cette étape, imposée par la Constitution, témoigne de la volonté des autorités de respecter à la lettre le calendrier républicain et de poser les jalons d’un régime parlementaire renforcé, destiné à consolider les acquis démocratiques du pays.

Le président Faure Gnassingbé a salué « l’engagement et le travail remarquable » de la cheffe du gouvernement et de son équipe, soulignant leur contribution à la modernisation de l’administration publique et à la stabilité politique durant cette phase cruciale. Il leur a demandé d’assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions, conformément aux usages républicains.

Vers l’installation des nouvelles institutions

Dès ce samedi, le Parlement doit procéder à l’élection du président de la République et à la désignation du président du Conseil des ministres, chef du gouvernement de la Vᵉ République. Ce moment charnière symbolise l’accélération de la transition et l’entrée effective du Togo dans un nouveau cadre institutionnel, où l’exécutif sera désormais entre les mains d’un président du Conseil issu de la majorité parlementaire.

 C’est une démission qui ferme le chapitre de la IVᵉ République au Togo… Un compte à rebours républicain respecté à la lettre.

La démission du gouvernement Tomégah-Dogbé, exigée par la Constitution, s’impose ainsi comme un acte fort et un pas décisif vers la Vᵉ République, incarnant la volonté du Togo de réussir sa mutation institutionnelle et de renforcer l’ancrage démocratique du pays.

La rédaction

Related posts

CEDEAO : Le Parlement travaille sur la réduction des coûts du transport aérien dans la communauté

Ghana : La déclaration des biens des responsables publics, une bombe à retardement

Bénin : La création du parti « Le Libéral » secoue un paysage politique verrouillé