Niger : Coup de tonnerre pour Dangote Cement , Le gouvernement retire les avantages fiscaux pour non-respect des engagements

Le géant nigérian Dangote Cement traverse une zone de turbulences sans précédent au Niger. Sa filiale locale, Dangote Cement Niger SA, vient d’être frappée de plein fouet par une décision radicale des autorités nigériennes : la suppression pure et simple de tous les avantages fiscaux et douaniers jusque-là accordés dans le cadre du Code des Investissements.

Un décret sans appel signé par le général Abdourahamane Tiani

C’est par un décret signé du chef de l’État, le général Abdourahamane Tiani, que le couperet est tombé. Après plusieurs avertissements restés lettre morte, le gouvernement nigérien a décidé de serrer la vis face au non-respect des engagements contractuels de Dangote Cement. Cette décision marque un tournant dans la politique économique du pays, désormais résolument tournée vers la défense de ses intérêts.

Des promesses non tenues malgré des avantages massifs

À l’origine de cette sanction, un constat sans équivoque : malgré des exonérations fiscales et douanières substantielles, la filiale de Dangote n’a pas honoré ses engagements. Le groupe s’était engagé à investir au moins 179 milliards de francs CFA dans l’économie nigérienne et à créer plus de 750 emplois permanents. Or, selon les services de l’État, ces promesses sont restées lettre morte, et ce, plus de cinq ans après le lancement des opérations.

« Ces avantages ne sont pas des cadeaux, mais des leviers de développement. Quand ils ne sont pas utilisés à bon escient, il est de notre devoir d’y mettre fin », confie un haut responsable du ministère du Commerce.

Remboursement exigé et avenir incertain

Outre la perte de ses privilèges fiscaux, Dangote Cement est sommée de rembourser l’ensemble des avantages indûment perçus depuis son implantation au Niger. Une sanction lourde, qui remet en question la stratégie régionale du groupe et pourrait influencer ses choix futurs sur le marché nigérien.

Kao Cement SAS également sanctionnée

Dangote Cement n’est pas la seule entreprise dans le viseur. La société Kao Cement SAS a elle aussi été sanctionnée pour des manquements similaires en matière d’investissements et de création d’emplois. Cette série de mesures témoigne d’une volonté claire des autorités nigériennes : en finir avec les passe-droits et imposer le respect strict des engagements contractuels par les multinationales.

Un signal fort à l’adresse des investisseurs étrangers

Pour de nombreux observateurs, cette décision marque la fin d’une ère : celle des investissements étrangers sans contrôle ni contrepartie réelle pour l’économie nationale. Le message est limpide : les exonérations fiscales ne sont plus automatiques, elles doivent désormais générer des retombées concrètes pour le Niger.

Alors que l’affaire Dangote Cement pourrait faire jurisprudence et inspirer d’autres pays de la région, l’avenir du groupe au Niger reste en suspens. Engagera-t-il un dialogue avec les autorités pour tenter de sauver sa place, ou choisira-t-il de se retirer ? Une chose est sûre : le Niger vient de poser un acte fort qui pourrait bien rebattre les cartes du jeu économique sous-régional.

Adjouavi Domingnon

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