L’Alliance des États du Sahel (AES) Burkina Faso, Mali, Niger fait face à une tempête de pressions sécuritaires et de tentatives de déstabilisation, alors même que ses peuples et dirigeants ont choisi la voie d’une souveraineté assumée. Mais jamais, depuis l’avènement de cette dynamique, les menaces n’ont été aussi vives, et le cas du Burkina Faso en est la preuve la plus éclatante.
Burkina Faso : Cœur battant et cible fragile de l’AES
Au centre de la tourmente, le Burkina Faso subit une offensive multiforme. Le régime du Capitaine Ibrahim Traoré est la plus petite superficie des trois États et un territoire dont près de 30% échappe encore au contrôle de l’État, fait face à des complots constants. Les groupes terroristes, profitant des fractures sociales, tentent d’étendre leur emprise, tandis que d’anciens dignitaires et collaborateurs des forces impérialistes, retranchés non loin de Ouagadougou, ourdissent complots et sabotages, en lien avec des relais locaux et des soutiens extérieurs, notamment depuis la Côte d’Ivoire et l’Europe.
Les dernières semaines ont vu l’échec d’une tentative de putsch d’ampleur, mêlant militaires déserteurs et groupes armés, avec pour objectif d’installer le chaos et de placer le pays sous tutelle internationale. Les services de renseignement ont déjoué la manœuvre, mais la menace reste permanente, alimentée par des complicités transfrontalières et la porosité des frontières extérieures.
La déstabilisation du Burkina, une attaque contre l’AES
Mais déstabiliser le Burkina Faso, ce n’est pas seulement viser un pays : c’est s’attaquer à la colonne vertébrale de l’AES. Les ennemis de l’alliance l’ont bien compris, ciblant ce qu’ils perçoivent comme le maillon faible du trio. Pourtant, la résistance populaire reste un rempart solide, convaincue de la nécessité de la lutte pour la libération totale de la domination impérialiste.
Les frontières extérieures, enjeu vital de la survie
Face à cette avalanche de menaces, l’AES doit impérativement renforcer le contrôle de ses frontières extérieures. Les frontières intérieures entre les membres sont déjà bien surveillées, mais les lignes de contact avec la Côte d’Ivoire, l’Algérie, le Nigeria (avec 1 500 km de frontière pour le Niger), demeurent des brèches exploitées par les groupes criminels, les terroristes et les conspirateurs en fuite. La force mixte de l’AES doit être mobilisée pour verrouiller ces accès.
Gouvernance, justice et redistribution : les autres leviers de la résilience
La sécurité ne sera durable que si elle s’accompagne d’une gouvernance exemplaire. Les dirigeants de l’AES doivent renforcer la sécurité autour d’eux, mais aussi s’engager résolument pour le développement économique et social, la redistribution équitable des richesses, la lutte contre la corruption et l’instauration d’une véritable reddition de comptes. Au Niger, la pression populaire monte pour que les dossiers de détournements majeurs du régime précédent soient élucidés. Laisser ces questions sans réponse, c’est nourrir la frustration et ouvrir la porte aux implosions internes.
Un avenir à construire, une vigilance à maintenir
L’AES n’a jamais été aussi exposée, mais jamais non plus la détermination de ses peuples n’a été aussi forte. Pour traverser la tempête, elle devra conjuguer vigilance sécuritaire aux frontières, justice sociale et gouvernance irréprochable. Car la survie de l’alliance et la stabilité du Sahel en dépendent
Nourdeen Didier Alohou