Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, premier ministre burkinabé a présidé mardi un colloque international dans le cadre du 25e anniversaire du Conseil constitutionnel. L’événement, de haute portée institutionnelle, a réuni une diversité de personnalités nationales et internationales autour du thème : « Deux décennies de fonctionnement du Conseil constitutionnel : contribution à la construction de l’État de droit et perspectives ».
Ce colloque ambitionne d’évaluer le chemin parcouru par l’institution depuis sa création en mars 2000, tout en proposant des pistes d’adaptation face aux enjeux contemporains liés à la justice constitutionnelle dans un contexte mondial en perpétuelle mutation.
Dans son discours inaugural, le Chef du Gouvernement a souligné la nécessité pour le Conseil constitutionnel de s’inscrire davantage dans la dynamique de souveraineté nationale et d’appropriation endogène des mécanismes démocratiques.
« Le gardien de notre Constitution doit s’engager dans des réflexions profondes pour adapter ses missions aux exigences du peuple burkinabè », a-t-il affirmé, appelant à une rupture nette avec le mimétisme juridique hérité de la colonisation.
Selon lui, le moment est venu de repenser l’architecture constitutionnelle du Burkina Faso à la lumière des valeurs et aspirations propres au peuple. Il a salué les réformes en cours dans le secteur de la justice, les qualifiant de signes d’une volonté affirmée de transformation institutionnelle.
« Il faut sortir la Constitution du cercle restreint des experts pour la rapprocher des citoyens, en particulier des couches populaires », a-t-il martelé, appelant à une redéfinition du rôle des institutions constitutionnelles africaines dans la quête d’une gouvernance fondée sur les identités africaines.
Pour sa part, le Président du Conseil constitutionnel, Me Barthélémy Kéré, a rappelé le rôle central de l’institution dans la vie politique, sociale et juridique du Burkina Faso. En 25 ans d’existence, plus de 800 décisions et avis ont été rendus, témoignant de l’implication constante du Conseil dans les moments clés de l’histoire nationale.
Les célébrations du jubilé d’argent s’étendent du 29 au 31 juillet et comprennent, outre ce colloque, la publication d’un recueil annoté de jurisprudence, des sessions de renforcement des capacités pour les membres du Conseil, ainsi qu’une tournée régionale de sensibilisation sur les missions de l’institution.
Ce rendez-vous commémoratif se veut non seulement un moment de bilan, mais aussi une plateforme de projection vers l’avenir, dans une logique de consolidation de l’État de droit et de refondation démocratique au Burkina Faso.
Adjouavi Domingnon