Le Parlement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) explore d’autres pistes pour une intégration régionale plus forte. L’institution a tenu mardi une session spéciale consacrée à l’analyse des prix élevés des billets d’avion dans l’espace communautaire, une problématique jugée cruciale pour l’intégration régionale et la libre circulation des personnes et des biens.
Réunis le mardi 06 mai à Lomé en session délocalisée, les parlementaires ont exprimé une vive préoccupation face aux tarifs jugés excessifs appliqués par les compagnies aériennes opérant dans la région.
Selon plusieurs rapports présentés durant la session, il est souvent plus coûteux de voyager d’un pays membre de la CEDEAO à un autre que de se rendre en Europe ou en Asie, une situation que les députés ont qualifiée d’« anormale et contre-productive » pour l’unité régionale.
« Il n’est pas logique que voler d’Abidjan à Dakar coûte parfois plus cher qu’un vol vers Paris », a déclaré l’honorable Memounatou Ibrahima, présidente du Parlement.
Pour la députée togolaise, le ciel ouest-africain doit s’ouvrir davantage aux solutions régionales, plus économiques et accessibles à ses citoyens.
Origine de la cherté des vols
La session a été placée sous le thème « Le transport aérien comme moyen d’intégration des peuples ouest-africains : stratégie de réduction des coûts des billets d’avion ».
Elle a été une occasion de passer au peigne fin les principales causes de la cherté des billets d’avions en Afrique de l’Ouest.
Parmi les principaux obstacles identifiés figurent le manque de concurrence entre compagnies aériennes régionales, les taxes aéroportuaires et redevances trop élevées, l’insuffisance d’accords bilatéraux facilitant les liaisons directes entre États membres et les difficultés d’application du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique (MUTAA), initié par l’Union Africaine.
« Les multiples redevances qui plombent les tarifs aériens sont les taxes sur les billets, redevances d’atterrissage, frais de sécurité, charges commerciales aéroportuaires, parfois non liées directement à l’aviation. Si ces recettes contribuent aux budgets nationaux, elles constituent un véritable frein à la mobilité et au développement de secteurs clés comme le tourisme, l’un des vecteurs majeurs de croissance », a analysé Mme Ibrahima.
Des appuis substantiels annoncés aux compagnies régionales
Le Parlement a recommandé la tenue d’une table ronde avec les ministres des Transports des États membres, les autorités de l’aviation civile, les gestionnaires d’aéroports et les compagnies aériennes, en vue d’élaborer un plan d’action concerté. Les députés ont également insisté sur l’urgence de rendre effectif le MUTAA et de renforcer le soutien aux compagnies régionales comme ASKY Airlines ou Air Côte d’Ivoire.
Enfin, les parlementaires ont appelé à une harmonisation des politiques de taxes et à la création d’un fonds régional pour soutenir les infrastructures aéroportuaires de moindre capacité.
La rédaction
