Crise RDC-Rwanda : les États-Unis saluent la médiation du Togo sous la houlette de Faure Gnassingbé

Les États-Unis ont récemment salué les avancées de la médiation menée par le président togolais Faure Gnassingbé dans la crise opposant la République démocratique du Congo (RDC) au Rwanda. Cette reconnaissance intervient alors que le Togo, désigné par l’Union africaine (UA) comme médiateur officiel, intensifie ses efforts diplomatiques pour favoriser le dialogue entre Kinshasa et Kigali.

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Professeur Robert Dussey, a récemment effectué une mission à Kinshasa, où il a été reçu par le président Félix Tshisekedi. Lors de cette rencontre, il a réaffirmé l’engagement du Togo à jouer un rôle moteur dans le rétablissement de la paix dans la région des Grands Lacs. Un document de référence est en cours d’élaboration, avec une finalisation prévue d’ici trois semaines, après la collecte des contributions attendues à Washington. Parallèlement, une réunion est prévue en mai à Lomé, rassemblant les représentants de la RDC, du Rwanda, des États-Unis, de la France et du Qatar.

Cette initiative togolaise bénéficie également du soutien d’autres acteurs internationaux. L’Organisation des Nations unies (ONU) a réaffirmé son appui à la médiation togolaise, soulignant l’importance de cette mission pour la stabilité régionale. De même, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) a exprimé son plein soutien à la médiation du président Faure Gnassingbé, saluant son leadership en matière de paix.

Une médiation saluée, mais critiquée en interne

 Cependant, cette médiation suscite également des critiques. Des organisations de la société civile togolaise, telles que le Mouvement de Libération Nationale Freedom Togo (Freedom Togo-MLN), ont exprimé leur opposition à la nomination de Faure Gnassingbé comme médiateur, dénonçant un manque de légitimité et d’exemplarité du président togolais.

Malgré ces divergences, la médiation togolaise semble progresser. Des pourparlers ont eu lieu à Doha, au Qatar, réunissant des délégations de Kigali et de Kinshasa, avec la participation du Togo, des États-Unis, de la France et du Qatar. Ces discussions visent à parvenir à un cessez-le-feu rapide et à assurer la livraison sécurisée de l’aide humanitaire dans la région.

Et comme si cela ne suffisait pas, Faure Gnassingbé a organisé ce week-end à Lomé un panel des médiateurs. Une rencontre stratégique, organisée à huis clos conformément à la volonté de l’UA de fusionner les initiatives régionales du processus de Nairobi (porté par la Communauté de l’Afrique de l’Est) et celui de Luanda (piloté par l’Angola), dans une démarche de médiation africaine unifiée.

 En somme, la médiation togolaise, soutenue par plusieurs acteurs internationaux, représente une initiative diplomatique majeure pour résoudre la crise entre la RDC et le Rwanda, malgré les critiques internes au Togo.

Adjouavi Domingnon

Related posts

Tchad : l’audition de Succès Masra relance le débat sur les libertés politiques et la justice

Journée de l’Afrique 2025 : Lomé mobilise en faveur de la justice pour les Africains

Burkina Faso : Le gouvernement intensifie ses efforts pour garantir un accès équitable aux soins de santé