Sahel Railway : l’AES lance son projet de chemin de fer inter capitales !

Les trois pays de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) Mali, Burkina Faso et Niger ont décidé d’accélérer un projet de chemin de fer inter capitales Bamako–Ouagadougou–Niamey, présenté comme l’un des chantiers structurants de leur intégration économique. Le dossier, acté politiquement lors d’une réunion ministérielle tenue à Ouagadougou le 10 avril 2025 et entériné dans plusieurs Conseils des ministres nationaux, s’accompagne d’une réflexion sur des extensions vers les ports du Golfe de Guinée (Abidjan, Cotonou, Lomé) afin de désenclaver durablement le bloc sahélien.

Sahel Railwayrenvoie à une nouvelle liaison ferroviaire à vocation régionale destinée à relier directement les capitales des trois États membres de l’AES. Dans sa configuration de base, le tracé doit former un triangle Bamako–Ouagadougou–Niamey, avec interconnexions multimodales vers les corridors routiers existants et les lignes ferroviaires héritées de la période coloniale (notamment l’Abidjan–Ouagadougou et l’ex‑Abidjan–Niger).

Les décisions politiques récentes

Réunis à Ouagadougou le 10 avril 2025, les ministres de l’Industrie et du Commerce des trois pays ont retenu le chemin de fer inter capital parmi les projets prioritaires de l’intégration AES, aux côtés d’une centrale électrique confédérale et de mesures d’harmonisation douanière. Les conclusions de cette réunion ont été présentées et prises en compte lors du Conseil des ministres maliens du 16 avril 2025. Dans la foulée, plusieurs gouvernements nationaux ont commencé à inscrire les composantes routières et ferroviaires Bamako–Ouagadougou–Niamey dans leurs programmations d’infrastructure.

Les trois pays sahéliens sont enclavés et dépendants des ports côtiers pour leurs importations de carburant, d’engrais, d’équipements industriels et de biens de consommation. Les flux se font aujourd’hui principalement par camions, via des corridors longs, coûteux et exposés à l’insécurité. Un axe ferroviaire dédié offrirait des volumes supérieurs, des coûts unitaires potentiellement plus faibles sur longues distances et une meilleure résilience logistique en période de tension sécuritaire ou politique sur les routes.

Gains attendus

  • Réduction du coût du fret lourd (minerais, hydrocarbures, céréales) sur moyenne et longue distance.
  • Fluidification du commerce intra‑AES grâce à des procédures harmonisées et à des plateformes de transbordement communes.
  • Accès compétitif aux ports atlantiques via des raccordements aux réseaux ferroviaires existants en Côte d’Ivoire, Bénin, Togo — et éventuellement Ghana ou Guinée — pour diversifier les sorties maritimes.
  • Effet signal d’intégration pour attirer capitaux et partenariats industriels.

Vigilance face à la désinformation

Les autorités n’ont pas encore communiqué de calendrier d’exécution détaillé. Le processus attendu

  1. Études techniques et économiques approfondies (tracés, trafic, coûts, choix d’écartement, sûreté des chantiers).
  2. Bouclage foncier et environnemental, incluant indemnisations et études d’impact.
  3. Structuration financière (BCID + bailleurs + contributions nationales).
  4. Appels d’offres par lots (travaux de plateforme, ouvrages d’art, signalisation, matériel roulant).
  5. Mise en service échelonnée par segments.

Même en scénario accéléré, une première section opérationnelle avant 2029‑2030 serait ambitieuse ; les risques sécuritaires et budgétaires pourraient étirer les délais.

 Le projet de chemin de fer du Sahel est à ce stade un engagement politique et programmatique et non pas encore un chantier de construction. Les étapes déterminantes (études, financement, sécurisation) restent à franchir, mais l’accord des trois capitales marque une volonté de transformer l’intégration politique de l’AES en infrastructures concrètes.

La Rédaction

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