L’UE donne raison à l’AES: la Côte d’Ivoire est parmi les pays à risque pour le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme:

La nouvelle est tombée comme un couperet : le 10 juin 2025, la Commission européenne a officiellement inscrit la Côte d’Ivoire sur sa liste noire des pays à haut risque en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. Ce classement, qui place le pays aux côtés de l’Algérie, de l’Angola ou encore du Liban, vient bouleverser l’image d’« élève modèle » de la sous-région que s’efforçait de projeter Abidjan, et confirme, pour beaucoup, ce que les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) n’ont cessé de dénoncer ces derniers mois.

L’Union européenne donne raison aux soupçons de l’AES

Depuis des mois, les autorités militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger accusent la Côte d’Ivoire d’abriter sur son sol des réseaux et des individus œuvrant à la déstabilisation de leurs régimes, avec la complicité présumée de puissances occidentales et de la France en particulier. À plusieurs reprises, le Burkina Faso a pointé du doigt l’existence d’un « centre d’opérations à Abidjan » destiné à fomenter des troubles à Ouagadougou et dans la région. Cette rhétorique, longtemps reléguée au rang de discours de crise ou de propagande, trouve désormais un écho glaçant dans la décision de Bruxelles.

La Commission européenne justifie l’inscription de la Côte d’Ivoire par des « carences stratégiques dans son régime national de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme », évoquant des menaces sérieuses pour l’intégrité du système financier européen. Si la Commission mentionne spécifiquement le rôle de la diaspora libanaise dans le financement du Hezbollah, elle pointe aussi l’existence de flux financiers opaques et de réseaux criminels transnationaux opérant depuis Abidjan.

Un revers géopolitique majeur pour Abidjan

Pour la Côte d’Ivoire, les implications sont lourdes :

  • Renforcement des contrôles sur toutes les transactions financières avec l’UE
  • Risque de ralentissement des échanges bancaires et commerciaux
  • Atteinte à la crédibilité internationale et à l’attractivité pour les investisseurs
  • Pressions accrues pour réformer en profondeur les dispositifs de lutte contre la criminalité financière

Mais au-delà de l’économie, ce classement ébranle la position diplomatique d’Abidjan dans la sous-région. Il accrédite, aux yeux de l’opinion publique sahélienne, l’idée que la Côte d’Ivoire est devenue une base arrière pour des réseaux hostiles à la stabilité de l’AES, une accusation que les autorités ivoiriennes ont toujours niée.

L’étau se resserre autour du pouvoir ivoirien

Ce coup dur intervient à la veille d’échéances électorales cruciales, alors que le président Alassane Ouattara, longtemps soutenu par Paris et les chancelleries occidentales, voit son « bilan inattaquable » remis en cause sur la scène internationale. Certains analystes y voient le signe d’un désengagement progressif de la France et de ses alliés, lassés par les « zones grises » du pouvoir ivoirien et par les scandales à répétition autour des circuits financiers douteux.

« Le vernis craque, l’heure n’est plus au triomphalisme. Et il est peut-être déjà trop tard », analyse un observateur politique ivoirien.

Un signal d’alarme pour toute la sous-région

Pour l’AES, cette décision européenne est perçue comme une validation de leurs mises en garde. Elle pourrait renforcer la défiance envers Abidjan et justifier un durcissement des positions diplomatiques, voire des mesures de rétorsion. La question de la stabilité régionale est plus que jamais posée, alors que la Côte d’Ivoire abrite de nombreux opposants et figures militaires accusés de comploter contre les régimes sahéliens.

Vers la fin d’une ère pour Ouattara ?

L’inscription sur la liste noire de l’UE n’est pas qu’un simple revers technique : elle marque peut-être le début d’un isolement international pour la Côte d’Ivoire et pour Alassane Ouattara, dont la longévité politique semble aujourd’hui menacée. Pour la première fois, la communauté internationale donne un signal fort, qui pourrait annoncer un basculement du rapport de force en Afrique de l’Ouest.

Désormais, tout est clair : la Côte d’Ivoire ne pourra plus se dérober aux interrogations sur son rôle dans la déstabilisation de la région. L’histoire retiendra que l’Union européenne, en inscrivant Abidjan sur sa liste noire, a ouvert une nouvelle page dans la crise ouest-africaine.

La rédaction

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