Le Togo s’apprête à vivre un nouveau rendez-vous démocratique avec la tenue des élections municipales le 10 juillet 2025 sur l’ensemble du territoire national. Ce scrutin permettra de renouveler les 1 527 conseillers municipaux élus en 2019, dans un contexte où la décentralisation et la gouvernance locale sont au cœur des enjeux politiques.
Une campagne en préparation
La campagne électorale, prévue du 24 juin au 8 juillet, offrira deux semaines aux candidats pour convaincre les électeurs. Les forces de défense et de sécurité, garantes de la sérénité du scrutin, voteront par anticipation le 7 juillet afin d’assurer la sécurité des opérations le jour J.
Le gouvernement a fixé le montant de la caution à 50 000 F CFA pour les hommes et 25 000 F CFA pour les femmes, une mesure visant à encourager la participation féminine. Par ailleurs, l’État a débloqué 500 millions de F CFA pour financer les campagnes, répartis à 65 % de manière égalitaire entre tous les candidats et à 35 % selon les suffrages obtenus (pour ceux ayant franchi la barre des 10 % des voix). La Cour des comptes sera chargée de contrôler la gestion de ces fonds, garantissant ainsi la transparence du processus.
L’UNIR, grand favori d’un scrutin très disputé
Tout porte à croire que le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR), est bien parti pour rafler une large majorité de sièges, comme lors des précédentes municipales où il avait décroché plus de 60 % des conseillers municipaux. Cette dynamique s’explique par l’efficacité du gouvernement en matière de gestion locale, mais aussi par sa capacité à mobiliser et à faire du lobbying sur le terrain.
Face à l’UNIR, l’opposition peine à parler d’une seule voix. Si plusieurs partis, dont l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre, ont confirmé leur participation après avoir boycotté les sénatoriales, ils restent divisés sur la stratégie à adopter. Les querelles internes, les défections et les transhumances politiques ont fragilisé leur cohésion, rendant difficile la constitution d’un front uni contre le parti au pouvoir.
Un enjeu de taille pour la démocratie locale
Au-delà de la compétition politique, ces élections constituent une étape cruciale pour la consolidation de la démocratie locale et la participation citoyenne. Le gouvernement invite d’ailleurs tous les acteurs politiques et la population à se mobiliser pour garantir des élections apaisées, transparentes et inclusives.
Dans ce contexte, l’UNIR, fort de son expérience et de sa machine électorale bien huilée, apparaît en position de force pour s’imposer une nouvelle fois dans la majorité des communes togolaises, au grand dam d’une opposition encore en quête d’unité et de stratégie gagnante.
Adjouavi Domingnon