Le président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, a officiellement entamé les démarches pour briguer un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle prévue en 2026. Dans un communiqué publié vendredi, le Mouvement de résistance nationale (NRM) a annoncé que le chef de l’État devrait retirer, ce samedi, les documents de candidature auprès de la commission électorale du parti.
Selon le Dr Tanga Odoi, président de ladite commission, Museveni sollicitera à la fois la présidence du NRM et le statut de « porte-drapeau présidentiel » pour le scrutin à venir. Cette confirmation met fin aux spéculations sur ses intentions, dans un contexte politique particulièrement tendu.
Une opposition muselée
Alors que Museveni s’apprête à briguer un septième mandat consécutif, les voix critiques du régime font face à une répression accrue. L’opposant historique Kizza Besigye, figure emblématique de la contestation en Ouganda, est actuellement détenu et poursuivi pour trahison. Son épouse, l’activiste Winnie Byanyima, a dénoncé des conditions de détention « inhumaines ».
En février dernier, Amnesty International et une douzaine d’ONG ont appelé à sa libération immédiate, dénonçant une stratégie délibérée d’intimidation et de harcèlement judiciaire contre les figures de l’opposition.
Bobi Wine repart en campagne
De son côté, Robert Kyagulanyi, plus connu sous son nom de scène Bobi Wine, a annoncé en mai dernier qu’il se représenterait à la présidentielle. L’ex-star de la musique reconvertie en homme politique avait obtenu près de 35 % des voix en 2021, lors d’un scrutin qu’il avait qualifié de « mascarade électorale ».
Âgé de 43 ans, Bobi Wine reste une figure populaire auprès de la jeunesse, malgré les multiples entraves judiciaires et policières auxquelles il fait face depuis plusieurs années.
Vers un scrutin sous tension
Le climat politique en Ouganda reste marqué par une forte polarisation. Si le président sortant dispose d’un appareil d’État puissant et bien rodé, la défiance d’une partie de la population, notamment urbaine et jeune, ne cesse de croître.
À moins d’un an du scrutin, les signaux sont déjà clairs : la campagne électorale de 2026 s’annonce tendue, voire explosive, entre un pouvoir déterminé à se maintenir et une opposition affaiblie mais toujours mobilisée.
La rédaction