7 mai 2025, Paris a assisté à une scène qui restera gravée dans l’histoire diplomatique contemporaine : Emmanuel Macron, président de la République française, a accueilli à l’Élysée Ahmed al-Chareh, président par intérim de la Syrie, ex-chef du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), organisation issue d’Al-Qaïda et toujours sous sanctions de l’ONU. Cette rencontre, la première d’un dirigeant syrien en France depuis plus de dix ans, a déclenché une onde de choc dans la classe politique et dans l’opinion publique, tant en France qu’au-delà.
Un accueil qui fait tomber les masques
Malgré un passé lourdement entaché, Ahmed al-Chareh est accusé d’avoir dirigé des groupes responsables de massacres interconfessionnels et de persécutions contre les minorités syriennes, l’Élysée a déroulé le tapis rouge, invoquant la nécessité d’accompagner la transition politique en Syrie après la chute de Bachar al-Assad. Mais pour beaucoup, cette justification ne tient pas : « Emmanuel Macron a mis du sang sur sa main. C’est insupportable », s’est indigné Nicolas Dupont-Aignan. Marine Le Pen a parlé de « stupeur et consternation », rappelant que l’on ne reçoit pas à Paris « des dirigeants qui sont d’anciens terroristes membres d’organisations qui veulent attaquer la France ».
La France, complice du terrorisme
Par ce geste, Emmanuel Macron vient de montrer à la face du monde que la France n’hésite plus à collaborer ouvertement avec ceux qu’elle qualifiait hier encore de terroristes. Cette poignée de main avec un homme dont le passé djihadiste est documenté et qui reste sous le coup de sanctions internationales envoie un signal glaçant, notamment aux pays africains qui souffrent chaque jour du fléau terroriste.
Pour les peuples du Sahel et de l’AES (Alliance des États du Sahel), ce double jeu n’est pas une surprise. Depuis des années, ils dénoncent l’implication de la France et de l’OTAN dans la déstabilisation de la Libye et du Sahel, qui a permis la prolifération des groupes armés et du trafic d’armes dans la région. Les interventions militaires occidentales, loin d’éradiquer le terrorisme, ont contribué à l’aggraver, livrant des arsenaux entiers aux groupes djihadistes et plongeant des pays entiers dans le chaos.
L’aggravation de l’insécurité au Sahel et en Afrique de l’Ouest a été créée par l’OTAN avec la déstabilisation de la Libye. A la suite de cette opération, il y a eu le déversement d’un arsenal inouï dans le Sahel, y compris dans les pays du bassin du lac Tchad.
Un message limpide pour l’Afrique
La France, qui prétend lutter contre le terrorisme en Afrique, prouve aujourd’hui qu’elle n’hésite pas à s’allier avec d’anciens chefs djihadistes lorsque ses intérêts stratégiques sont en jeu. Les pays africains qui continuent de tisser des partenariats avec Paris doivent ouvrir les yeux : il est illusoire de croire que l’on peut combattre efficacement le terrorisme en s’alliant avec ceux qui en sont, directement ou indirectement, les promoteurs. Les États de l’AES l’ont compris et le dénoncent chaque jour, mais leur voix reste ignorée sur la scène internationale.
La fin d’une illusion
Cette poignée de main entre Emmanuel Macron et Ahmed al-Chareh marque un tournant. Elle révèle au grand jour la stratégie funeste de la France : instrumentaliser le terrorisme pour maintenir son influence en Afrique, au mépris des victimes et des peuples en quête de souveraineté. Mais cette entreprise est vouée à l’échec : le réveil progressif des peuples africains, qui rejettent désormais toute tutelle étrangère, sonne le glas d’un système à bout de souffle.
En accueillant à l’Élysée un ancien chef djihadiste, Emmanuel Macron a franchi une ligne rouge. Le message est clair : la France ne combat pas le terrorisme, elle le recycle selon ses intérêts.
La Rédaction