À l’occasion de la 62e Journée mondiale de l’Afrique, le Ministère des Affaires étrangères du Niger a organisé une table ronde de haut niveau axée sur l’avenir du continent africain et la montée en puissance de la Confédération des États du Sahel (AES). Plus qu’une célébration, cette rencontre a été un moment de réflexion stratégique, marqué par des discours puissants, une volonté commune de transformation et une réaffirmation de la souveraineté africaine.
La rencontre a été présidée par le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, M. Bakary Yaou Sangaré, qui a ouvert les débats en soulignant l’importance de repenser les relations internationales dans un contexte géopolitique en pleine recomposition. Selon lui, le continent africain ne peut plus se contenter d’un rôle passif sur l’échiquier mondial : il doit devenir un acteur central et souverain.
« Soixante-deux ans après les indépendances, notre continent n’a pas encore conquis sa pleine souveraineté. Les formes contemporaines de domination subsistent. Mais nous avons aujourd’hui les idées, les instruments et la détermination pour nous en affranchir », a-t-il affirmé avec conviction. Ce discours a posé les bases d’une journée résolument tournée vers l’avenir, dans laquelle les participants ont été invités à penser l’Afrique non pas comme un continent en attente, mais comme une force en marche.
La Confédération des États du Sahel : une réponse régionale audacieuse
La Confédération des États du Sahel (AES), formée par le Niger, le Mali et le Burkina Faso, a occupé une place centrale dans les discussions. Présentée comme une initiative audacieuse, l’AES vise à bâtir un espace régional souverain, fondé sur la coopération stratégique entre ces trois nations liées par des défis communs.
Trois piliers structurent cette dynamique : la Défense et la Sécurité, dans un contexte régional marqué par l’instabilité et le terrorisme ; la Diplomatie, avec une volonté de parler d’une seule voix sur la scène internationale ; et le Développement, axe crucial pour offrir à la jeunesse sahélienne des perspectives durables.
« L’AES n’est pas un repli identitaire, mais une projection politique audacieuse. C’est un appel à la solidarité active, à l’appropriation de notre destin commun », a déclaré un des intervenants. Ce projet fédérateur, soutenu par les populations locales et par plusieurs partenaires africains, pourrait bien constituer une étape majeure vers une intégration régionale réussie, autonome et décomplexée.
Une Afrique solidaire et souveraine comme horizon
Parmi les personnalités diplomatiques ayant pris part à l’événement, l’ambassadeur d’Égypte, M. Sayed Mohamed Ahmed, doyen du corps diplomatique africain à Niamey, a salué l’esprit de cette journée, appelant à une « renaissance africaine ancrée dans nos réalités, mais ouverte aux partenariats équilibrés ». Il a été rejoint dans cet élan par l’ambassadeur du Mali, M. Younoussa Barazi Maïga, représentant officiel de l’AES, qui a réaffirmé l’engagement de son pays à construire une coopération sud-sud plus structurée, inclusive et proactive.
Les échanges ont également porté sur la nécessité d’investir davantage dans l’éducation, l’innovation technologique et la culture pour consolider l’unité africaine. Plusieurs intervenants ont souligné que l’avenir du continent ne pourra se construire sans une jeunesse formée, consciente et engagée. La table ronde a ainsi constitué bien plus qu’un simple événement commémoratif. Elle s’est imposée comme une plateforme stratégique, une boussole pour guider les choix politiques futurs. En filigrane, un message clair : l’Afrique ne demande plus sa place dans le monde, elle la prend, avec lucidité, ambition et dignité.
Il ne s’agissait pas simplement de célébrer l’Afrique, mais de la penser, de la questionner, de la projeter. Et surtout, de la proclamer debout, vivante, unie, en marche vers un avenir souverain et assumé. La Journée mondiale de l’Afrique 2025 restera, à Niamey, un moment fort de lucidité collective et d’espérance partagée.
La rédaction