Journée de l’Afrique 2025 : Lomé mobilise en faveur de la justice pour les Africains

La capitale togolaise a abrité lundi une manifestation culturelle, en prélude à la Journée de l’Afrique du 25 mai prochain. Il a été question de célébrer ce qui unit les pays africains au-delà des frontières : leur culture, leur histoire, leur héritage commun, mais aussi une aspiration profonde à la justice, à la dignité et à la reconnaissance. Une célébration continentale marquée cette année par le thème central : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par les réparations », défini par l’Union africaine.

Organisé sous l’égide du Ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’extérieur, l’événement a réuni un large public, des universitaires, des artistes, des diplomates, des représentants de la jeunesse et des acteurs culturels. La ministre de la Culture, Yawa Kouigan, était également présente.

Un hommage aux luttes du passé et un appel à la solidarité

Lors de son discours d’ouverture à l’Université de Lomé, le ministre Robert Dussey a livré une intervention très remarquée. Il a salué « la mémoire des combattants africains de la liberté » et a exhorté à un engagement collectif pour une Afrique plus juste :

« La question des réparations ne concerne pas uniquement le passé. Elle nous interpelle aujourd’hui, sur notre responsabilité à construire un avenir où la justice, la vérité historique et la dignité humaine ne sont plus négociables. »

M. Dussey a également souligné que cette Journée de l’Afrique devait être un moment de « réflexion profonde et d’unité renouvelée » :

« L’Afrique doit se réapproprier son histoire et son destin. La restitution des biens culturels, la reconnaissance des crimes de la colonisation et de l’esclavage, ainsi que l’effacement des dettes illégitimes, sont des pas concrets vers la justice que nous devons exiger. »

Culture, dialogue et engagement panafricain

En marge des discours, diverses prestations culturelles ont animé la journée : danses traditionnelles, défilés de mode africaine, expositions artisanales et concerts. L’ambiance festive n’a toutefois pas éclipsé le message fondamental de la journée : réparer les injustices du passé et bâtir une Afrique unie.

Un panel de chercheurs et de jeunes leaders africains s’est également réuni autour d’un forum sur les réparations et la cohésion sociale, salué par les participants comme un véritable moment d’écoute intergénérationnelle.

Lomé, carrefour d’un panafricanisme moderne

Pour Robert Dussey, le Togo reste résolument engagé pour l’intégration africaine, la paix et la réconciliation entre les peuples. La Journée de l’Afrique n’est pas qu’une commémoration, elle est une boussole morale pour notre engagement commun.

Le ministre togolais en charge des affaires étrangères a également lancé un appel à l’unité entre les États africains.

« Seule une Afrique unie peut peser dans les grands débats de notre siècle. La voix de notre continent doit être portée avec fierté, dignité et cohérence. », a –t-il souhaité.

Une célébration mondiale

Parallèlement aux célébrations de Lomé, l’UNESCO a organisé à Paris une Semaine africaine du 19 au 21 mai. Des conférences, expositions et projections ont mis en lumière la nécessité de restaurer les patrimoines africains et de reconnaître la richesse intellectuelle et artistique du continent.

En cette année 2025, la Journée de l’Afrique a dépassé les frontières des simples festivités pour s’imposer comme un espace de dialogue panafricain, de réflexion sur la justice historique, et surtout comme un élan vers l’avenir. À Lomé comme ailleurs, l’Afrique a réaffirmé son désir d’unité, de reconnaissance et de réparation.

La rédaction

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