En 2025, l’Afrique de l’Ouest s’apprête à vivre une série d’élections majeures, dans plusieurs pays et dans un climat régional déjà marqué par de multiples crises politiques et sécuritaires. Ces scrutins, qui devraient être des moments de consolidation démocratique, se déroulent malheureusement dans un environnement où la défiance, la manipulation et les risques de violence électorale demeurent élevés.
Un monde plus incertain, des répercussions directes pour l’Afrique
La récente flambée de violence entre Israël et l’Iran vient s’ajouter à la guerre russo-ukrainienne, dont les conséquences économiques avaient déjà durement frappé l’Afrique, notamment par la hausse du prix du blé et des produits de base. Cette nouvelle guerre au Moyen-Orient risque d’aggraver encore la situation : perturbation des corridors maritimes, flambée des prix du carburant, insécurité alimentaire et inflation galopante menacent directement la stabilité du continent. L’Afrique, souvent spectatrice des rivalités géopolitiques mondiales, se retrouve une fois de plus exposée aux contrecoups économiques, diplomatiques et sécuritaires de conflits qui ne sont pas les siens.
Le risque de déstabilisation et la tentation de la prédation
Dans ce contexte, la prédation économique et l’impunité collective deviennent la règle, affaiblissant davantage les États déjà fragiles. Les puissances extérieures, à la recherche de ressources et d’alliés, exacerbent les tensions internes et régionales, tandis que la prolifération des groupes armés et la circulation des armes aggravent l’insécurité. L’attitude de certains dirigeants internationaux, comme Benjamin Netanyahou, alimente un sentiment d’impunité et de frustration dans le monde.
L’unité africaine, une nécessité vitale
Face à ces menaces, l’unité de l’Afrique n’est plus une option, mais une question de survie. L’Union africaine et les dirigeants du continent doivent privilégier les solutions intra-africaines pour résoudre les crises, renforcer la coopération régionale et promouvoir la paix. Aucun État, aussi puissant soit-il, ne peut relever seul les défis du moment : guerres, insécurité alimentaire, dérèglements climatiques, terrorisme et crises politiques exigent une réponse collective et coordonnée.
Soutenir les pays de l’AES : un devoir de solidarité
Il est impératif que les africains, dirigeants comme citoyens, soutiennent davantage les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES : Mali, Burkina Faso, Niger), qui font face seuls à la guerre contre l’impérialisme et la prédation imposée par des intérêts extérieurs. Les laisser isolés reviendrait à fragiliser l’ensemble du continent et à ouvrir la voie à une déstabilisation généralisée.
S’engager pour la paix, renforcer l’unité
À l’heure où le monde s’embrase et où les enjeux globaux se répercutent durement sur l’Afrique, il est temps pour les dirigeants et les populations de s’engager résolument pour la paix, la solidarité et l’unité. Plus soudée, l’Afrique sera plus forte pour faire face à la prédation, à l’impunité et aux crises qui menacent sa stabilité et son avenir. L’histoire jugera les générations actuelles à l’aune de leur capacité à privilégier l’intérêt commun et à défendre la dignité du continent.
Nourdeen Didier ALOHOU, Expert en communication pour un changement de comportement social et d’impact, Dg Africadev, Lomé
