La Coalition militaire islamique contre le terrorisme (IMCTC) a officiellement lancé mardi15 Juillet 2025 un nouveau programme régional de lutte contre le terrorisme à destination des pays sahéliens. La cérémonie s’est tenue à N’Djamena en présence de représentants militaires et civils de plusieurs États membres, ainsi que d’experts internationaux en sécurité.
Le Sahel reste l’une des régions les plus touchées par l’instabilité sécuritaire, en particulier dans la zone dite des « trois frontières » (Mali, Burkina Faso, Niger), où les attaques djihadistes se sont multipliées ces dernières années.
À travers ce programme, l’IMCTC coalition dirigée par l’Arabie saoudite et regroupant plus de 40 pays musulmans, entend offrir une assistance renforcée en matière de formation militaire, de coordination stratégique et de partage de renseignements.
« Ce programme vise à soutenir nos partenaires sahéliens dans leurs efforts pour restaurer la sécurité et stabiliser leurs territoires », a déclaré le général Abdelrahman bin Abdullah Al-Bunyan, secrétaire général de l’IMCTC.
Le programme, qui s’étend sur trois ans, comporte plusieurs axes. Notamment le renforcement des capacités militaires à travers des formations spécialisées sur le contre-terrorisme, les opérations asymétriques et le renseignement.
Il prévoit aussi la création d’un centre régional de coordination basé à N’Djamena, destiné à faciliter les échanges entre les armées sahéliennes et les experts de l’IMCTC et enfin le soutien aux politiques de déradicalisation et de lutte contre la propagande extrémiste en ligne, en partenariat avec les ministères de l’Éducation et des Cultes des pays participants.
Une initiative bien accueillie, mais des défis en perspective
Les autorités tchadiennes, hôtes de l’événement, ont salué cette initiative comme un signal fort de solidarité régionale. Le ministre de la Défense du Tchad, Général Daoud Youssouf, a souligné que « seule une approche collective et structurée permettra d’éteindre les foyers de violence qui rongent la sous-région ».
Cependant, certains analystes soulignent que l’efficacité de ce programme dépendra fortement de la volonté politique locale, de la coordination entre États souvent divisés, et de la stabilité institutionnelle des gouvernements impliqués.
L’IMCTC, un acteur sécuritaire de plus en plus visible
Lancée en 2015 par l’Arabie saoudite, l’IMCTC a longtemps été perçue comme une structure consultative. Son engagement opérationnel au Sahel marque une montée en puissance diplomatique et militaire dans une région traditionnellement influencée par la France et, plus récemment, par la Russie.
Le lancement de ce programme intervient alors que les forces françaises et onusiennes ont réduit leur présence militaire dans la région, et que les États du Sahel réorganisent leurs alliances stratégiques à travers l’Alliance des États du Sahel (AES).
La rédaction
