Le gouvernement Burkinabé à travers une initiative stratégique et ambitieuse, a lancé la construction d’une unité industrielle de production de vaccins et de médicaments vétérinaires à Samandeni, dans la région des Hauts-Bassins. Ce projet d’envergure, d’un coût estimé à 21 milliards de FCFA, s’inscrit dans le cadre de l’Offensive Agropastorale et Halieutique (OAPH) 2023-2025, une stratégie nationale visant à renforcer la sécurité alimentaire, la productivité du cheptel et l’autonomie pharmaceutique du pays.
L’usine, qui s’étendra sur une superficie de 40 hectares, devrait produire annuellement 110 millions de doses de vaccins vétérinaires, dont 50 millions sous forme liquide et 60 millions sous forme lyophilisée. Cette capacité répond non seulement aux besoins nationaux mais aussi à ceux des pays voisins, marquant ainsi la volonté du Burkina Faso de se positionner comme un acteur incontournable de la santé animale en Afrique de l’Ouest.
Placée sous l’égide du Ministre d’État chargé de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, cette infrastructure sera conçue selon les standards internationaux les plus stricts, notamment ceux exigés par la Banque Mondiale. L’usine comprendra des laboratoires de recherche et développement, des unités de production modernes, ainsi que des zones de stockage respectant les normes mondiales de conservation des produits pharmaceutiques.
Mais au-delà de la prouesse industrielle, ce projet revêt une dimension stratégique pour le développement socio-économique du pays. En effet, il vise à :
- Améliorer la santé animale, un facteur clé de la sécurité alimentaire et de la productivité agropastorale ;
- Réduire significativement la dépendance du Burkina Faso aux importations de vaccins et autres produits vétérinaires ;
- Créer des emplois directs et indirects, favorisant ainsi l’insertion professionnelle des jeunes et des cadres scientifiques ;
- Encourager le transfert de technologies et développer une expertise locale dans le domaine pharmaceutique vétérinaire.
Dans un contexte mondial marqué par des crises sanitaires récurrentes et la fragilité des chaînes d’approvisionnement, cette initiative témoigne de la volonté des autorités burkinabè de renforcer la résilience économique du pays et d’assurer sa souveraineté sanitaire. Le choix de Samandeni, zone stratégique et à fort potentiel agricole, n’est pas anodin : il permettra une synergie efficace entre production, distribution et besoin local.
Le Burkina Faso s’engage ainsi sur la voie de l’autonomie sanitaire et technologique dans un secteur névralgique. Une initiative saluée par les acteurs du monde rural et les partenaires techniques, qui y voient une réponse concrète aux enjeux structurels du développement agricole et pastoral.
La rédaction