Le président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, a effectué une visite de travail au Japon à l’occasion de la neuvième édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), qui s’est ouverte le 20 août 2025 à Yokohama. Ce rendez-vous diplomatique et économique, placé sous le thème « Co-créer des solutions innovantes avec l’Afrique », a réuni chefs d’État, dirigeants politiques, institutions multilatérales et opérateurs privés autour des grandes orientations du développement du continent africain.
Dans son intervention, Faure Gnassingbé a insisté sur la nécessité pour l’Afrique et le Japon d’aller au-delà des échanges traditionnels et de s’engager résolument dans une dynamique de co-production industrielle.
Selon lui, le continent ne doit plus se limiter à exporter ses ressources brutes mais travailler de concert avec ses partenaires asiatiques pour développer des chaînes de valeur locales. L’automobile, l’énergie, le numérique et l’agro-industrie ont été identifiés comme des secteurs stratégiques pour enclencher ce changement structurel. Ce plaidoyer traduit une volonté claire de rompre avec les modèles commerciaux déséquilibrés afin d’établir une coopération véritablement équitable et mutuellement bénéfique.
Le chef du gouvernement togolais a également mis en avant l’importance stratégique du port de Lomé, considéré comme le plus profond de la côte ouest-africaine. Il a rappelé que cette infrastructure constitue déjà un hub incontournable de transit et ambitionne de devenir la porte d’entrée logistique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). En attirant des investissements japonais dans ce domaine, le Togo espère se positionner comme un carrefour régional capable d’offrir des solutions intégrées à l’ensemble du marché africain.
Rencontres et opportunités bilatérales
Au-delà de sa participation aux travaux officiels, Faure Gnassingbé a tenu plusieurs rencontres avec les acteurs économiques japonais. À Tokyo, il a pris part à un petit-déjeuner d’affaires qui a réuni près de trois cents chefs d’entreprises en partenariat avec Keidanren et JETRO, deux des plus puissantes organisations patronales du pays.
Cette rencontre a permis au président du Conseil de présenter les atouts du Togo et d’exposer les opportunités offertes dans des secteurs clés tels que l’industrie, les télécommunications, l’énergie, le tourisme ou encore les nouvelles technologies. Le message a été clair : le Togo veut attirer des investisseurs capables d’apporter leur savoir-faire et de s’inscrire dans une logique de partenariat durable.
La visite a également comporté une dimension humaine et symbolique. Faure Gnassingbé s’est rendu dans la ville de Saitama, située à une centaine de kilomètres de Tokyo, où vivent encore des sinistrés du tremblement de terre du 11 mars. Ce déplacement, marqué par des gestes de solidarité, témoigne de l’attachement du dirigeant togolais à une diplomatie qui conjugue développement économique et proximité humaine.
La participation du Togo à la TICAD 9 illustre l’ambition d’un pays qui cherche à inscrire son action dans les grands chantiers de l’intégration africaine. Qu’il s’agisse de l’industrialisation, de la connectivité, de l’autonomisation des populations ou de la consolidation de la stabilité politique, la voix du Togo s’est faite entendre comme celle d’un acteur résolument tourné vers l’avenir.
La mission japonaise de Faure Gnassingbé aura ainsi permis de renforcer les relations bilatérales entre Lomé et Tokyo, mais aussi de rappeler que l’Afrique n’est pas seulement un marché de consommation, mais une terre de production et d’innovation partagée.
La rédaction
