Mali : Un Tournant Historique – Les Forces Vives Actent la dissolution des partis et un Mandat de 5 ans pour Assimi Goïta

par Africadev
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Au lendemain des assises nationales du Niger, le Mali réaffirme résolument son engagement dans la dynamique de la refondation profonde impulsée par les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Loin des jeux d’influence et des clameurs des partis politiques souvent accusés d’être à la solde d’intérêts étrangers, Bamako vient d’envoyer un message fort : la souveraineté nationale et la refondation institutionnelle priment désormais sur la vieille partition du multipartisme hérité.

Une Assemblée de Rupture à Bamako

Réunis au Centre international de conférences de Bamako, les représentants des forces vives de la nation et de la diaspora malienne, sous la présidence du Premier ministre, le Général Abdoulaye Maïga, ont adopté des recommandations qui bouleversent le paysage politique malien. Au cœur de ces décisions : la dissolution de tous les partis politiques, la refonte totale des conditions de création et de financement de nouveaux partis, et l’élévation du Général d’Armée Assimi Goïta au rang de Président de la République pour un mandat de cinq ans renouvelable à partir de 2025.

Des Réformes Radicales pour une Nouvelle Ère

Les recommandations issues de cette consultation  s’articulent autour de trois axes majeurs :

  • Réduction drastique du nombre de partis politiques : Dissolution immédiate de tous les partis existants, fixation d’une caution de 100 millions de FCFA pour la création d’un parti, exigences de représentativité territoriale, et suppression du financement public des partis.
  • Relecture de la charte des partis politiques : Suppression du statut de chef de file de l’opposition, redéfinition du rôle de l’opposition, et réorientation des ressources vers des projets de développement concrets.
  • Lutte contre le nomadisme politique : Interdiction stricte du changement d’allégeance partisane en cours de mandat, élargissement des sanctions à tous les élus et responsables politiques, et inéligibilité pour les partis accueillant des « élus nomades.

Un Mandat de 5 Ans pour Assimi Goïta et Suspension du Processus Électoral

Dans la foulée, les forces vives recommandent la révision de la charte de la Transition pour installer Assimi Goïta comme Président de la République pour cinq ans, renouvelable, à l’image de ses homologues de l’AES. Les organes actuels de la transition seront maintenus jusqu’à la pacification du pays, toutes les questions électorales suspendues, et un audit du fichier électoral sera mené après la dissolution des partis.

Parmi les mesures phares figurent également :

  • L’instauration d’un scrutin présidentiel à un seul tour avec une caution de 250 millions de FCFA pour les candidats.
  • La réglementation du parrainage politique et l’interdiction des alliances contre nature lors des élections.
  • Le maintien de l’autorisation préalable pour toute manifestation politique et la possibilité de suspension d’un parti en cas de trouble à l’ordre public.

Un Signal Fort dans la Sous-Région AES

Ce virage malien fait écho aux récentes assises nationales du Niger, où la refondation politique, la réduction du nombre de partis (deux à cinq), et la consolidation de la souveraineté nationale ont été placées au centre des priorités. À travers ces réformes synchronisées, les États de l’AES affichent une volonté commune de rompre avec un système de partis jugé inefficace et perméable aux influences extérieures, pour bâtir des institutions fortes, souveraines et résolument tournées vers les intérêts des peuples sahéliens.

Vers une Refondation Sans Précédent

Loin des « tambours et trompettes » des partis politiques traditionnels, la démarche malienne s’inscrit dans un mouvement régional de refondation et de souveraineté, déterminé à tourner la page des crises répétées et de la dépendance politique. Les recommandations des forces vives, si elles sont mises en œuvre, marqueront le début d’une ère nouvelle où l’État, affranchi des tutelles partisanes et étrangères, entend redevenir le garant du bien-être collectif et de la stabilité nationale.

Le Mali, à l’instar de ses voisins du Niger et du Burkina Faso, trace ainsi la voie d’une refondation radicale, portée par une volonté de souveraineté retrouvée et d’efficacité institutionnelle, loin des compromissions du passé.

La rédaction

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