Le Togo s’apprête à vivre une journée historique ce samedi 3 mai, avec la convocation des députés à l’Assemblée Nationale pour élire, pour la première fois, le Président de la République au suffrage universel indirect. Cette élection, couplée à la désignation du Président du Conseil, marque une rupture totale avec le passé institutionnel du pays et inaugure une nouvelle ère politique, celle de la Cinquième République, régie par une toute nouvelle Constitution adoptée en avril 2024.
Un scrutin inédit dans l’histoire du pays
Jamais, depuis l’indépendance, le Chef de l’État togolais n’avait été choisi autrement que par le vote direct des citoyens. Désormais, conformément à la nouvelle Constitution, le Président de la République sera élu par les membres du Parlement et les représentants régionaux réunis en Congrès, à bulletin secret. Si aucun candidat ne recueille la majorité absolue au premier tour, un second tour départagera les deux premiers. Cette procédure, totalement inédite, consacre le passage du Togo à un régime parlementaire et retire à la fonction présidentielle l’essentiel de ses prérogatives exécutives, la cantonnant à un rôle honorifique et d’unité nationale.
Un nouveau régime politique, une recomposition des pouvoirs
La réforme constitutionnelle d’avril 2024 a bouleversé l’architecture institutionnelle du pays. Le Président du Conseil, issu de la majorité parlementaire, devient désormais le véritable chef de l’exécutif, chargé de former le gouvernement et de conduire la politique nationale. Selon la nouvelle Loi fondamentale, ce poste revient automatiquement au leader du parti ou de la coalition majoritaire à l’Assemblée nationale. Avec sa victoire écrasante lors des dernières législatives (108 sièges sur 113), l’Union pour la République (UNIR) garde la main sur toutes les institutions, et la désignation de Faure Gnassingbé comme Président du Conseil des ministres ne fait guère de doute.
Une opposition fragmentée et au bord de l’implosion
Dans ce contexte de recomposition institutionnelle, l’opposition togolaise apparaît plus que jamais réduite au silence. Fragmentée, fragilisée par des démissions et des exclusions, elle ne dispose ni du poids politique ni de la cohésion nécessaire pour peser sur le processus en cours. Les analystes s’accordent à dire que sa voix sera inaudible lors de ce scrutin.
Des scénarios déjà écrits ?
Plusieurs observateurs politiques évoquent déjà la probable élection de l’actuelle Première ministre au poste de Présidente de la République, tandis que Faure Gnassingbé, fort de sa position à la tête de l’UNIR, devrait logiquement accéder à la présidence du Conseil des ministres. Même si rien n’a officiellement filtré, le déroulement de la journée ne laisse guère de place au suspense : le parti au pouvoir contrôle l’ensemble des leviers institutionnels, et la transition vers la Ve République se fait sous sa houlette.
Une nouvelle ère institutionnelle
La session parlementaire de ce samedi 3 mai ne se limite pas à une simple formalité : elle pose les fondations d’un nouveau régime politique, d’une nouvelle République et d’une nouvelle Constitution. Mais au-delà de la solennité des discours, la réussite de cette transition dépendra de la capacité du système à continuer à veiller à une véritable séparation des pouvoirs, une transparence accrue et une confiance renouvelée des citoyens envers leurs institutions.
En somme, cette journée du 3 mai 2025 restera comme une grande première dans l’histoire du Togo : celle d’une élection présidentielle et d’une désignation du chef de l’exécutif par les élus, dans un contexte de nouvelle République et de nouveau régime politique. Mais pour beaucoup, le véritable enjeu réside désormais dans la capacité du pays à faire vivre ce nouveau cadre institutionnel au service de la démocratie.
La rédaction
