Dette africaine : à Lomé, l’Union africaine veut une nouvelle doctrine, Faure Gnassingbé plaide pour l’urgence de lier financement, développement et sécurité

par Africadev
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Lomé, la capitale abrite ce lundi et ce jusqu’au 14 mai une Conférence de l’Union africaine sur la dette. La rencontre ouverte ce matin en présence du Président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé et le président du Ghana, John Dramani Mahama   marque  un moment crucial dans la quête de solutions durables aux défis d’endettement que rencontrent de nombreux pays africains. Organisée sous l’égide de l’Union africaine et en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), elle réunit des chefs d’État, des ministres des finances, des représentants d’institutions financières internationales, ainsi que des acteurs de la société civile.

Une rencontre capitale pour un sujet de survie

La conférence de l’UA sur la dette répond au besoin d’évaluer la situation actuelle de la dette en Afrique, de plaider pour des mesures internationales, de renforcer la coopération intra-africaine, de promouvoir les financements plus durables et d’influencer les institutions financières mondiales.

Les travaux porteront notamment sur la restructuration des dettes souveraines, la mobilisation des ressources intérieures, et la réforme de l’architecture financière internationale. Une problématique que connaît bien le Ghana, qui a obtenu en 2023 un rééchelonnement de sa dette extérieure dans le cadre du programme de soutien du FMI. Tout comme le Togo, qui milite pour un traitement différencié des économies africaines selon leur niveau de vulnérabilité et d’exposition aux chocs exogènes.

Repenser à la gestion de la dette pour une paix durable

Les conclusions de la  rencontre devraient servir de base à l’élaboration d’une stratégie continentale visant à garantir une gestion durable de la dette et à renforcer la souveraineté financière de l’Afrique.

Déjà à l’ouverture,  Faure Gnassingbé, Président du Conseil des Ministre du Togo, estime que la question de la dette et celle de la sécurité sont étroitement liées et doivent être traité de manière particulière.

Il a insisté sur la nécessité pour les Etats africains de repenser à la gestion de la dette pour une paix durable sur le continent.

« Repenser la gestion de la dette, c’est aussi refuser l’hypocrisie sécuritaire. On ne peut pas exiger la paix, sans nous permettre de la financer. Le lien entre dette et sécurité est trop souvent, beaucoup trop souvent ignoré. Or, il est à mon sens fondamental. Une dette est-elle soutenable, si elle empêche un Etat d’investir dans la sécurité de ses citoyens ? Une dette est-elle soutenable, si on interdit à une nation d’adapter son agriculture au changement climatique ? Une dette est-elle soutenable si elle prive sa jeunesse d’avenir ? On ne peut pas demander aux pays africains de jouer un rôle actif dans la stabilisation du Sahel par exemple dans la lutte contre le terrorisme ou dans la prévention des migrations sans leur donner les moyens nécessaires. En d’autres termes. Il faut avoir le courage de financer la paix », a déclaré le président du Conseil.

Pour Faure Gnassingbé les efforts des pays africains en matière de sécurité méritent d’être soutenu pour une paix durable sur continent.  

« Nombre de pays africains sont engagés en première ligne dans la lutte contre le terrorisme l’extrémisme violent et la criminalité transfrontalière. En conséquence, nous consacrons une part croissante de nos ressources à la sécurité. Cette situation est légitime. Sans paix, aucun développement n’est possible », a-t-il ajouté. 

Le Togo, une destination sûre grâce à Faure Gnassingbé

Le choix du Togo pour accueillir cette  conférence de l’Union Africaine sur la dette peut s’expliquer par plusieurs raisons stratégiques, politiques et diplomatiques selon le ministre togolais de l’économie et des finances, Georges Essowoe Barcola.

1. Stabilité politique

Le Togo, affiche une stabilité politique  comparée à d’autres pays africains en crise, ce qui en fait un terrain propice pour accueillir des événements diplomatiques de grande envergure.

2. Position géographique stratégique

Situé en Afrique de l’Ouest et sur la côte, le Togo est facilement accessible par mer, air et terre. Sa capitale, Lomé, possède un des ports les plus dynamiques de la sous-région, renforçant son rôle de hub logistique.

3. Expérience diplomatique et neutralité

Le Togo s’est positionné depuis plusieurs années comme médiateur régional et pays hôte de rencontres internationales (comme les sommets de la CEDEAO ou les discussions sur la sécurité maritime). Ce rôle diplomatique croissant lui vaut une certaine neutralité appréciée par l’Union Africaine.

« Vos actions menées en faveur de la paix et de la sécurité sur le continent, actions qui vous ont values d’être désigné tout récemment par vos paires de l’UA médiateur du conflit à l’Est de la RDC sont l’une des raisons pour lesquelles l’UA a porté le choix sur le Togo d’abriter une telle conférence », a indiqué M. Barcola à l’intention du président du conseil du Togo.

4. Engagement sur les questions économiques

Le Togo montre une volonté de renforcer sa gouvernance économique, d’attirer des investissements et de se moderniser (réformes dans le climat des affaires, digitalisation des services publics). Ce dynamisme économique aligne bien le pays avec les enjeux d’une conférence sur la dette.

5. Visibilité politique et rayonnement continental

Accueillir cette conférence est aussi une opportunité pour le Togo de renforcer son image à l’échelle continentale, d’attirer des partenaires internationaux et de peser davantage dans les décisions économiques régionales.

La Rédaction

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