Des voix togolaises s’élèvent en faveur d’une adhésion du Togo à l’Alliance des États du Sahel (AES)

par Africadev
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Alors que l’Alliance des États du Sahel (AES), fondée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, poursuit son processus d’intégration politique et militaire, une partie de l’opinion publique togolaise exprime un soutien croissant à une possible adhésion du Togo à cette organisation sous-régionale. Entre aspirations panafricanistes, défis sécuritaires communs et recherche d’une nouvelle souveraineté africaine, les arguments en faveur de cette option se multiplient dans les rues de Lomé comme sur les réseaux sociaux.

Une adhésion perçue comme stratégique

Depuis le retrait des trois pays fondateurs de l’AES de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’alliance a attiré l’attention pour ses discours souverainistes et sa volonté de bâtir une nouvelle coopération militaire et économique entre pays sahéliens.

Pour des Togolais comme Komi Adjakly, enseignant-chercheur en relations internationales, « le Togo partage des frontières avec deux pays membres de l’AES (le Burkina Faso et le Niger) et fait face, lui aussi, à des menaces sécuritaires croissantes au nord. Rejoindre l’AES permettrait de mutualiser les efforts et de repositionner le pays dans une dynamique plus autonome ».

Des citoyens séduits par le discours panafricain

En début 2025, le Prof Robert Dussey a évoqué à plusieurs reprises une possible adhésion du Togo à cette alliance.

Le ministre togolais des affaires étrangères est revenu tout récemment sur le sujet en déclarant publiquement que  « Le Togo envisage de rejoindre l’AES, une décision stratégique qui pourrait renforcer la coopération régionale et offrir un accès à la mer aux pays membres ».

Sur les réseaux sociaux, plusieurs groupes citoyens, souvent animés par de jeunes activistes, ont relayé des appels à considérer sérieusement l’option AES. Pour Elom Mensah, coordinateur du mouvement « Citoyens Unis pour l’Intégration », « l’AES incarne un nouveau souffle pour l’Afrique de l’Ouest : un modèle de coopération débarrassé des ingérences extérieures. Le Togo a tout à gagner à rejoindre cette dynamique de rupture ».

Selon une enquête d’Afrobaromètre menée auprès de 1200 citoyens togolais en novembre 2024, 54% d’entre eux estiment que le Togo servirait mieux ses intérêts en quittant la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour rejoindre l’AES.

Des sondages informels circulent également sur Facebook et WhatsApp, avec des résultats indiquant que près de 60 % des répondants seraient favorables à une telle adhésion, si elle est accompagnée de garanties de stabilité et de développement.

Des réserves au sein des cercles économiques et diplomatiques

Cependant, tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Des analystes économiques mettent en garde contre un éloignement de la CEDEAO, au sein de laquelle le Togo a historiquement joué un rôle de médiateur.

Un diplomate togolais ayant requis l’anonymat estime que « le pays doit jouer la carte de la neutralité et ne pas s’aligner trop rapidement sur un bloc dont les orientations restent encore en construction ».

Dans les milieux d’affaires, la perspective d’un isolement économique ou de nouvelles sanctions inquiète également.

« On ne peut pas tourner le dos à des partenaires commerciaux traditionnels sans une stratégie claire de substitution », déclare un responsable de la Chambre de commerce de Lomé.

Une question désormais politique ?

Si le gouvernement togolais reste pour l’instant discret sur la question, plusieurs observateurs pensent que le débat public autour de l’AES pourrait peser dans les prochaines échéances politiques. À défaut d’un ralliement immédiat, certains évoquent une coopération renforcée avec l’AES sans adhésion formelle, comme une position intermédiaire.

En attendant, les débats continuent sur les places publiques, dans les universités et dans les médias. Une chose est certaine : l’idée d’une adhésion du Togo à l’AES ne laisse personne indifférent.

La rédaction

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