La Journée Internationale des Droits de la Femme a été célébrée mardi dans la commune de Yoto 3 avec une approche singulière, qualifiée par ses organisateurs de « célébration en différé « . Loin de la ferveur habituelle et des festivités bruyantes, cette édition s’est voulue sobre, mais profondément significative. Son objectif : recentrer l’attention sur les véritables défis que rencontrent les femmes, notamment l’autonomie financière.
« Dans notre commune, l’autonomie financière des femmes pose encore problème », a déclaré Chantal Atikle, conseillère municipale lors de la cérémonie. « Et nous avons compris que si la femme n’est pas autonome, les enfants ne seront même pas au niveau d’égalité. C’est pourquoi cette célébration, bien que discrète, est un cri d’alarme et un appel à l’action. »
Sous le thème mondial « Toutes les femmes, toutes les filles : droits, égalité, autonomisation », la commune de Yoto 3 a voulu mettre en lumière une réalité locale souvent négligée : l’émancipation économique comme levier fondamental de l’égalité des sexes. Car une femme financièrement indépendante est une femme qui peut s’épanouir, participer activement aux institutions politiques et siéger aux instances décisionnelles.
« Nous avons organisé cette journée avec le souci de la stabilité de nos ménages, surtout dans ce contexte mondial de pauvreté et de bouleversements économiques. Ce n’était pas une fête, c’était une prise de conscience collective », a poursuivi Mme Atikle en présence du maire, Kokou Degbe et des responsables du service des affaires sociales de Yoto.
Des femmes déterminées à s’autonomiser financièrement
Au-delà de la réflexion, des actions concrètes ont été mises en œuvre. En effet, un an plus tôt, le 11 avril 2024, une formation de trois jours avait été organisée à l’intention des organisations féminines locales.
Cinq groupements de femmes avaient été sélectionnés par canton, pour un total de 25 groupements formés. Ces sessions visaient à renforcer leurs capacités techniques en matière de production et de gestion financière. Des guides de formation leur avaient été remis, ainsi que des attestations.
« Un suivi a été fait, et certains groupements ont effectivement mis en pratique ce qu’ils ont appris. C’est encourageant » a ajouté Chantal Atikle, toujours aux petits soins des bonnes dames de la mairie de Gboto.
Dans la même dynamique, des outils de production et des méthodes de fabrication ont été remis à plusieurs bénéficiaires cette année. L’objectif : renforcer les moyens de production locaux et autonomiser davantage les femmes dans leurs activités génératrices de revenus.
Cette célébration, bien que discrète, marque un tournant dans la lutte pour l’égalité des genres dans la commune de Yoto 3. Elle rappelle que la véritable célébration ne se trouve pas dans les discours, mais dans les actions concrètes qui construisent l’avenir.
Adjouavi Domingnon
