Burkina Faso : Ibrahim Traoré dénonce des manquements graves dans la chaîne de commandement militaire

par Africadev
A+A-
Réinitialiser

Le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, s’est exprimé avec fermeté sur les récentes attaques terroristes qui ont frappé plusieurs localités du pays, notamment Joua, Tangualu, Kaouri et Sanga. Lors d’un entretien à TELE MALI, il a dénoncé des « fautes graves » et une « trahison » de la part de certains officiers, qu’il accuse de négligence ayant conduit à la mort évitable de soldats.

« Heureusement, ils ont vu venir. On a pu intervenir à temps. Mais à Joua, Tangualu, Kaouri, en pleine journée, il n’y a pas eu d’alerte. C’est le drone qui a vu lui-même », a-t-il regretté, évoquant une série d’attaques survenues alors que les unités de surveillance auraient dû réagir plus tôt.

Le capitaine Traoré a notamment souligné l’absence de vigilance sur le terrain, accusant certains officiers de ne pas déployer les moyens d’observation adéquats malgré les consignes.

« Les antennes, les pylônes sont là. On dit aux gens de monter pour observer au loin. Ils ne le font pas. Et après, ils mentent aux pilotes en disant que c’est fait », a-t-il dénoncé, relatant une scène où un pilote, survolant une zone, a constaté l’absence totale de vigie sur une antenne censée être occupée.

Une responsabilité écrasante pour les officiers

Le président n’a pas mâché ses mots quant à la responsabilité des cadres militaires dans la sécurité de leurs hommes :

« Un officier ne dort pas. Il se repose. Mais il n’a pas le droit de dormir. Vous commandez, vos hommes exécutent. Si vous ne prenez pas les mesures, vous serez radiés, sans appel. »

Selon Traoré, la négligence de certains officiers équivaut à sacrifier inutilement la vie de jeunes soldats. Il rappelle que l’État avait déjà donné l’opportunité à ceux qui doutaient ou n’étaient pas prêts à s’engager pleinement de quitter l’armée :

« Avant juillet de l’an dernier, on avait dit : ceux qui veulent partir n’ont qu’à partir. Mais si vous restez, vous assumez. »

Radiations et discipline : la cohésion passe par l’exemplarité

Interrogé sur l’impact de ces mesures strictes sur la cohésion des forces armées, le président a répondu sans détour :

« Et la mort des pauvres soldats, ça n’affecte pas la cohésion ? Le soldat, lui, exécute. C’est à l’officier de le guider, de le protéger. Quand il échoue à cela, c’est lui le problème. »

Pour Traoré, la cohésion et l’efficacité des troupes ne peuvent se construire que sur une discipline rigoureuse et une responsabilité claire à tous les niveaux de commandement. Il a appelé les officiers à plus de rigueur, d’implication et de vigilance afin de ne plus revivre de telles tragédies.

La rédaction

À lire ensuite

Laisser un avis

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00