Niger – Cure Salée: Discours complet du Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage à la 58ème édition

par Africadev
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 Bismillahi Rahimani Rahimi ;

 Excellence Monsieur le Premier Ministre, Ministre de l’Economie et des Finances ; Excellence Monsieur le président du Conseil Consultatif ; • Madame /Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;   • Messieurs les Membres du CNSP ;   • Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement. Monsieur le ministre de l’élevage et de la pêche du Mali;   • Mesdames, Messieurs les conseillers du Conseil Consultatif ;   • Excellences Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et les Représentants des Organisations sous régionales et internationales ;   • Messieurs les représentant des délégations amies ;   • Monsieur le Gouverneur de la Région d’Agadez ;   • Monsieur le Président du Conseil de Ville d’Agadez ;   • Messieurs les Gouverneurs des Régions ;   • Honorable Sultan de l’Air ;  • Honorables sultans de Zinder, Kastina et du Goubir ; . Honorables chefs de cantons et groupements gardiens de la tradition;   • Messieurs les Préfets ;   • Mesdames, Messieurs les Administrateurs Délégués ;   • Mesdames, Messieurs les Représentants des Partenaires Techniques et Financiers ;   • Mesdames, Messieurs les cadres centraux, régionaux, départementaux et communaux des ministères techniques et institutions de l’Etat ;   •Mesdames, Messieurs les représentants des Organisations des pasteurs et agropasteurs ;   •

Chers pasteurs et agropasteurs  et acteurs du monde pastoral,   •Distingues invités, Chers amis des médiats ;   • Mesdames, Messieurs ; C’est avec une profonde émotion et une grande responsabilité que je prends la parole en cette 58ème édition de la Cure Salée, fête historique et ancestrale, qui rassemble tous les peuples pastoraux sous le même ciel; une manifestation vivante de notre identité, de notre combat commun et de nos espoirs. Après deux années d’interruption dues à des circonstances exceptionnelles, la Cure Salée renaît aujourd’hui, plus forte, plus déterminée, dans un contexte national marqué par la refondation de la nation, après les défis majeurs du 26 juillet 2023. Avant de poursuivre mon propos, je voudrai au nom de tous les participants venus de l’intérieur du Niger comme de l’extérieur, remercier et exprimer notre profonde gratitude au Président de la République, Chef de l’Etat, SE le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, et au Premier Ministre, Ministre de l’Economie et des Finances SEM Ali Mahaman Lamine Zeine ici présent,pour avoir autorisé et soutenu l’organisation de la 58 eme édition de la cure salée 2025. Votre présence à cette manifestation excellence , en dépit de votre agenda très chargé, ( de Niamey à Ingal en passant par Abidjan et Washington) nous honore à plus d’un titre en ce qu’elle illustre bien l’intérêt manifeste que le Président de la République, Chef de l’Etat, SE le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, et vous-même, portent à la refondation de notre élevage, de notre patrimoine culturel, artisanal, artistique, ainsi qu’aux valeurs cardinales qui forment le socle de la nation nigérienne.   Je veux parler de valeurs de paix, de solidarité, de la culture du patriotisme dans le contexte de l’affirmation de notre souveraineté. La cure salée dis-je traduit cette nouvelle vision.   Par votre présence, nous y voyons à la fois un signe d’encouragement et une volonté politique appuyée de faire de notre agriculture, notre élevage, notre culture, notre artisanat et notre tourisme de véritables vecteurs du développement durable, de la croissance et de la diversification de notre économie.   A cet instant solennel, vous me permettez de transmettre vos salutations à toutes celles et tous ceux qui dans un esprit d’échange et de partage ont effectué le déplacement d’Ingall. Permettez-moi également, d’exprimer mes remerciements aux autorités Administratives et Traditionnelles de la Région d’Agadez, ainsi qu’aux vaillantes populations d’Ingall et de ses environs, pour leur accueil empreint de chaleur et d’hospitalité dont nous venons d’être l’objet. Excellence, distingues invités, La cure salée rendez-vous séculaire qui transcende les âges, les communautés et les frontières, symbolise une rencontre des cultures, une tradition mais surtout un brassage des communautés pastorales du Niger et d’ailleurs, dans leur diversité ethnique et religieuse. Si la diversité est synonyme de richesse, l’union est synonyme de force. Cette édition revêt un cachet particulier, car elle célèbre non seulement notre patrimoine culturel, mais aussi nos valeurs d’unité nationale, de cohésion sociale et de résilience face aux adversités. Elle se veut un témoignage de notre volonté collective de bâtir un avenir meilleur pour nos familles, nos communautés et notre pays. Du reste c’est pour toutes ces raisons que l’édition 2025 de la Cure Salée est placée sous le thème « Renforcer la cohésion sociale entre pasteurs et agro-pasteurs : levier essentiel pour un développement et une paix durable. » La Cure Salée est bien plus qu’un rassemblement festif. C’est une tradition, un socle de cohésion sociale ; elle est une cérémonie qui incarne la sagesse, la solidarité et le respect mutuel entre les peuples nomades et sédentaires du Sahel. Plusieurs années avant que le mot « cohésion sociale » ne soit à la mode, nos ancêtres instituaient déjà des moments de rassemblement où tous se retrouvaient autour du bétail, de la musique et des danses sous la tente et au clair de lune dans les plaines et vallées. Je me souviens d’une anecdote racontée par un sage Peul : lors d’une crise de sécheresse, les éleveurs des différents villages, au lieu de se diviser, avaient convenu de rassembler leurs troupeaux dans un même pâturage, partageant ainsi l’eau et la nourriture tout en veillant les uns sur les autres. Ce geste simple a permis à leur communauté de surmonter la crise et de repartir plus forte. Comme le dit un proverbe peul : « Le troupeau qui marche ensemble ne perd pas son chemin. » C’est dans cet esprit que nous devons nous retrouver aujourd’hui, plus unis que jamais, en dépassant les divergences pour construire un destin commun. La cohésion sociale est la condition sine qua non pour la paix et le développement. Elle est l’arbre dont les racines sont profondes dans notre culture millénaire. Notre pays est un creuset de cultures riches et diverses, présentes aussi bien dans les zones pastorales que dans les autres régions. Chaque danse, chaque chant de la Cure Salée porte les histoires de nos ancêtres, leur sagesse et leur force. Valoriser cette culture, c’est renforcer l’unité nationale en permettant à chaque communauté de se reconnaître pleinement dans ce qui fait notre pays. Je voudrais citer ici le célèbre proverbe du terroir qui dit : « L’arbre ne peut pousser que dans le sol nourri des racines profondes. » C’est cette image qui nous interpelle : notre unité nationale est l’arbre dont les racines sont nos cultures et traditions. Sans enracinement culturel profond, aucune nation ne peut prospérer. Dans ce contexte, il est essentiel que nous développions des politiques publiques de valorisation culturelle en partenariat avec les communautés. La jeunesse doit être initiée à ces valeurs, afin qu’elles soient transmises de génération en génération. La paix et la cohésion passent par la connaissance, le respect mutuel et la célébration de notre diversité. Chères délégations des pays de la confédération des Etats du Sahel et pays amis du Niger   En gardant toute sa solennité, l’édition 2025 de la cure salée enregistre la participation des pays de la Confédération Etats du Sahel : le Burkina Faso, le Mali, et des pays amis …… Ce qui témoigne une fois de plus de l’engagement de nos trois Etats confédéraux et de bien d’autres pays amis à mutualiser nos connaissances, notre savoir-faire, en vue de réaliser la souveraineté alimentaire dans l’espace AES.   Du reste, la tenue récente à Bamako du 1er forum sur le développement de l’agriculture dans l’Espace l’AES en constitue une parfaite illustration de la détermination de nos trois Chefs d’Etat, Son Excellence le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef d’Etat de la République du Mali, Président en exercice de la Confédération AES et Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République du Niger, à œuvrer pour le bonheur et la prospérité des peuples de l’espace confédéral.   Comme vous le voyez, la confédération AES marque le début d’une nouvelle ère de solidarité régionale et de coopération renforcée. Ensemble, nous travaillons à surmonter les défis communs et à saisir les opportunités pour garantir et réaffirmer notre souveraineté gage d’une prospérité mieux partagée pour nos vaillantes populations longtemps meurtries. A toutes et à tous qui sont venus de l’intérieur du pays et de l’étranger pour magnifier cet évènement, je voudrai vous exprimer notre fierté et notre gratitude de vous avoir compté aussi nombreux parmi nous et vous souhaite la bienvenue. Excellence Mr le premier ministre, mesdames et messieurs; Permettez-moi de parler à cet instant du programme phare de la grande irrigation : une réponse aux défis climatiques et agricoles Au regard du contexte actuel de refondation de la République, nous devrions assoir une politique agricole à même de nous soustraire de ce cercle vicieux de pauvreté et insécurité alimentaire et nutritionnelle. Cela passe par un changement de comportement et de mentalité dans les approches agricoles jusqu’ici mises en œuvre. Il n’y aura pas de réelle indépendance sans une souveraineté alimentaire durable. L’ambition du Président de la République, Chef de l’Etat, S.E. le Général d’Armée Abdourahmane Tiani et du Gouvernement, pour le Niger, un pays désormais souverain, ayant retrouvé sa dignité, est de garantir aux populations nigériennes un accès à une alimentation saine et diversifiée, respectueuse de nos valeurs culturelles, ethniques et régionales, gage de développement durable et de leur épanouissement. Ainsi, conformément à sa vision déclinée, dans son livre « LAABU SANNI NO », « ZANCEN KASA NE » en son Axe 3 « le développement des bases de production pour la souveraineté économique », mon Département ministériel met en œuvre des actions concrètes en vue d’amorcer une réelle modernisation, transformation et sécurisation de l’agriculture et de l’élevage au Niger. Aussi, dans la perspective de permettre à l’Agriculture nigérienne de jouer pleinement son rôle économique et social, des transformations profondes sont impulsées au niveau de ses composantes productives. Il s’agit, entre autres de :  ▪ la maitrise de l’eau dans le cadre du programme Grande Irrigation qui vise la réalisation de 21700 hectares de nouveaux périmètres et la réhabilitation de 10 000 hectares de périmètres existants au plan national; ▪ l’amélioration du système d’approvisionnement et de distribution d’intrants permettant aux producteurs de disposer régulièrement, en quantité et en qualité, ainsi qu’à un prix abordable les semences, les engrais et les produits phytosanitaires ;  ▪ la recherche et la vulgarisation de technologies mieux appropriées, répondant aux besoins des producteurs, incluant la conservation et la transformation des produits ; ▪ une accessibilité aux ressources financières suffisantes et répondant aux besoins d’investissement des producteurs et des promoteurs des unités de transformation et d’industries agroalimentaires ; ▪ l’adoption de mesures de soutien, de protection et d’accompagnement aux producteurs et aux unités agroalimentaires naissantes ; Dans le domaine de l’élevage, une richesse privée certes mais un patrimoine national les actions porteront sur la poursuite de la sécurisation sanitaire du cheptel, la sécurisation des espaces pastoraux et des points d’eau, la construction des industries de productions et de transformations, l’ouverture des bandes pare feu, la transformation du Centre de multiplication des bovins de Bathé en un centre camelin et la réhabilitation des centres de Multiplication du Bétail et des centres avicoles, la mise en œuvre du programme d’amélioration génétique et le développement des cultures fourragères Au demeurant, avec la mise en œuvre du Programme Grande irrigation, nous pouvons nourrir les populations nigériennes avec des produits de qualité. Aujourd’hui, nul ne peut ignorer que depuis sa mise en œuvre, l’espoir renait car la disponibilité et l’accessibilité des produits alimentaires sur les marchés pendant la période de soudure classique connue en est la parfaite illustration ; les prix de certains produits en particulier le Riz se sont stabilisés voire connus une baisse. C’est dire que la recherche de la souveraineté alimentaire est amorcée avec la mise en œuvre du Programme Grande Irrigation et nous sommes fiers d’avoir pu le mettre en œuvre, accompagner et conforter cette dynamique de transformation de notre agriculture. Excellence, chers participants Au cœur de nos préoccupations, l’eau reste la ressource la plus précieuse et la plus menacée. Notre agriculture, tout comme notre élevage, dépend de manière vitale de l’accès à cette eau qui nourrit la terre et abreuve nos troupeaux. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a fait de la grande irrigation un projet central et ambitieux, véritable pilier de notre stratégie de développement agricole et pastoral. Permettez-moi de vous partager une autre histoire. Dans un village pastoral, un vieil éleveur avait coutume de dire : « Creuse un puits aujourd’hui, tes enfants ne mourront pas demain de soif. » Ce proverbe simple et poignant illustre la nécessité de penser à long terme, d’investir dans l’infrastructure et les ressources qui garantiront la sécurité alimentaire de demain. Le programme grande irrigation permettra d’augmenter la productivité des terres, d’assurer un abreuvoir permanent pour les troupeaux, et de développer une agriculture durable qui résiste aux effets du changement climatique. Ce programme ne profitera pas seulement aux agriculteurs, mais également aux éleveurs, aux femmes rurales et aux jeunes, en créant des emplois et des opportunités économiques dans nos régions. Nous savons que l’eau est la source de toute vie. À ce titre, notre volonté est ferme : protéger, gérer rationnellement et valoriser ce bien commun afin que nul ne souffre de son manque. Excellence, mesdames et messieurs, distingues invités; Au-delà des défis économiques et sociaux, La sécurisation de notre pays : est un devoir sacré pour la paix et le progrès ; la sécurité de notre territoire est mise à rude épreuve par des menaces internes et externes. Dans ce combat, nos forces de défense et de sécurité sont en première ligne. Leur engagement, souvent au péril de leur vie, mérite notre reconnaissance et notre soutien sans faille. Le monde pastoral nous a appris que « le berger qui protège ses moutons affronte les lions avec courage. » Ces paroles résument parfaitement le devoir que nous avons envers nos protecteurs. Il ne s’agit pas seulement de leur fournir les équipements et moyens matériels, mais aussi de renforcer le lien entre les forces de sécurité et les populations afin d’améliorer la coopération et la vigilance collective. Je saisis cette occasion pour saluer la bravoure de nos soldats, policiers, douanes , agents des eaux et forets, gendarmes , garde nationale et personnels des forces armées. Leur intégrité et leur dévouement sont des piliers sur lesquels repose la sécurité de notre Nation. La paix n’est jamais un acquis, elle se conquiert chaque jour par l’engagement commun. Soutien aux forces de défense comme pilier de l’intégrité nationale Le maintien de l’intégrité territoriale est un combat permanent. Nos frontières, notre souveraineté, notre paix sociale sont des biens précieux que nous devons protéger avec fermeté. Un proverbe à méditer dans ce contexte nous rappelle que : « Le rocher ne peut être brisé si le courant est faible, mais face à la tempête il faut être solide. » Nous sommes cette roche solide grâce à la vigilance de nos forces. Elles représentent le rempart qui protège le développement et la stabilité de notre pays. Excellence, Mesdames et Messieurs, chers participants la 58ème édition de la Cure Salée est bien plus qu’une célébration festive. C’est un moment solennel qui nous rappelle les bases profondes de notre paix, de notre cohésion et de notre développement. Nous avons les moyens, la volonté et la sagesse pour construire un avenir où le pastoralisme et l’agriculture vivront en harmonie avec la sécurité, la culture et l’unité nationale. Notre devoir est d’agir ensemble, de marcher côte à côte sur le chemin du progrès, à l’image du troupeau qui avance uni vers de nouveaux pâturages. Excellence, mesdames et messieurs; La campagne agrosylvopastorale 2025-2026 qui s’achève aura été marquée par une situation sanitaire du cheptel relativement calme,une disponibilité des pâturages et des points d’eau, même si des zones déficitaires par endroit ont été enregistrées.   J’invite tous les acteurs et partenaires de l’élevage à une utilisation optimale de ces ressources naturelles dont l’accès est régi par les normes et règles établies en la matière.  Je voudrai adresser mes sincères remerciements à toutes les personnes physiques ou morales qui ont contribué à l’organisation de la présente édition, en particulier les autorités administratives et coutumières de toutes les régions du Niger, les comités régionaux d’organisation de la cure salée de Tahoua et d’Agadez, et toutes les populations qui se sont déplacées pour la circonstance. Avant de terminer mon intervention, je voudrai une fois de plus réitérer mon appel au renforcement de la cohésion sociale, de l’unité nationale, à la tolérance dans nos différences et à la culture de la paix.  Je voudrai enfin implorer Allah le Tout Puissant, le Très Miséricordieux pour qu’il renforce la culture de la paix dans nos cœurs et nos comportements et Que ce rassemblement annuel soit un témoignage fort de notre engagement collectif pour la paix, la sécurité, la solidarité et le développement durable. Aujourd’hui plus qu’hier, nous avons besoin de cette unité nationale. Le Niger que nous rebâtissons après le 26 juillet 2023 est un Niger où la paix, la dignité et la souveraineté guident chaque décision. Rappelez-vous de ce proverbe Toubou qui dit : « Le chameau avance toujours, même dans la tempête. » Le Niger, tel ce chameau, avance, guidé par la vision de ses dirigeants ,la lumière de ses traditions et la force de sa jeunesse. Ensemble, portons haut les valeurs de notre héritage culturel et bâtissons une nation prospère et stable. Vive le Niger, dans la paix, l’unité et la prospérité ! Vive la solidarité pastorale ! Que vive Ingall, carrefour de cultures et d’espérances !
Que vive l’AES, notre espace commun ! C’est sur cette note d’espoir que je déclare ouverte l’édition 2025 de la cure salée.

  Je vous remercie de votre aimable attention

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