Après plusieurs années d’accalmie, l’épidémie de Covid-19 montre un regain d’activité sur le Vieux Continent. La France, en première ligne, a enregistré plus de 25 000 nouveaux cas entre le 8 et le 14 septembre, selon Santé publique France. Le virus, porté par un nouveau variant baptisé « Stratus » (ou XFG), circule aujourd’hui largement dans plusieurs pays d’Europe, poussant les autorités sanitaires à renforcer la surveillance et à préparer une nouvelle campagne de rappel ciblée pour l’automne. Ce variant, récemment majoritaire sur le continent, est rendu plus contagieux par des mutations qui lui permettent de contourner, en partie, l’immunité acquise, qu’elle soit naturelle ou vaccinale. Les services de santé français font état d’une augmentation de 37% des passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 chez les adultes lors de la deuxième quinzaine du mois, signe tangible d’une reprise épidémique à l’approche de l’hiver.
Cette situation n’est pas cantonnée à la France. Plusieurs pays européens confrontent eux aussi une hausse des indicateurs épidémiologiques, bien que l’attention médiatique et institutionnelle se concentre pour l’instant sur l’Hexagone. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) indique que le variant Stratus représente désormais plus de 70% des cas dans certaines régions du continent, soulignant la rapidité avec laquelle ce nouveau sous-lignage se diffuse. Aucun pays d’Europe ne semble totalement épargné par ce retour saisonnier du virus.
L’Afrique, un continent silencieux… pour l’instant
La situation est toute autre en Afrique. À l’heure où les médias européens annoncent la « rentrée de la Covid », aucun signal d’alerte épidémique majeur n’est rapporté en Afrique subsaharienne. Les sites de surveillance sanitaire régionaux, comme celui de l’OMS Afrique, ne signalent pas de reprise significative de l’épidémie, ni de mobilisation particulière liée à la Covid-19 en septembre 2025. Loin d’être synonyme de passivité, cette situation atteste d’une vigilance constante, mais aussi d’un profil épidémiologique différent, qui pourrait s’expliquer par une exposition précoce, des formes moins graves ou de meilleures mesures de prévention.
L’Afrique, pourtant fortement citée au début de la pandémie comme un « risque » par certains observateurs, a su, dans les faits, éviter le pire à plusieurs reprises. Aujourd’hui, la page d’accueil du bureau régional de l’OMS en Afrique affiche d’autres priorités sanitaires, à l’image d’Ebola en République démocratique du Congo. La Covid-19, malgré la circulation mondiale des nouveaux variants, ne figure pas parmi les urgences de l’actualité sanitaire africaine du moment.
Vaccination : entre espoir et défiance
Sur tous les continents, la vaccination reste au cœur des stratégies publiques de lutte contre la pandémie, mais aussi au centre des débats dans l’opinion. Aucune région du monde n’a véritablement réussi à convaincre l’ensemble de ses populations de la nécessité de se faire vacciner. En Europe, le scepticisme et la méfiance persistent, malgré la disponibilité de vaccins à haute efficacité contre les variants émergents. En Afrique, la couverture vaccinale peine à décoller, minée par la défiance, la désinformation, la pénurie de vaccins ou encore l’emplacement de certains centres de vaccination loin des populations rurales.
Partout, les campagnes de mobilisation se heurtent à des réalités culturelles, politiques et économiques complexes. Il en résulte une situation paradoxale : alors que le virus poursuit sa voie en se réinventant tout au long de l’année, la vaccination demeure en recul ou en stagnation par rapport aux objectifs affichés. Les chiffres, publiés régulièrement par l’Organisation mondiale de la santé, montrent que les pays industrialisés ont du mal à relancer la machine, tandis que les pays du Sud, qui ont longtemps attendu leurs doses, sont aujourd’hui confrontés à l’adhésion limitée de leurs opinions publiques à la vaccination massive.
Un combat mondial aux visages multiples
La leçon de cette fin d’été 2025 est claire : le Covid-19 reste, de par le monde, une menace protéiforme. L’Europe fait face, une fois de plus, à une vague épidémique portée par de nouveaux variants. L’Afrique, pour l’instant, demeure à l’écart des alertes, mais la prudence reste de mise, tant le virus a démontré sa capacité d’adaptation.
Adjouavi Domingnon
