Mali : Africa Corps remplace Wagner, un nouveau visage pour l’influence russe

par Africadev
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Après plus de trois ans de présence   au Mali, le groupe paramilitaire Wagner se retire officiellement du pays. Dans son sillage, une nouvelle entité prend le relais. Il s’agit de l’Africa Corps, une force spéciale directement pilotée par le ministère russe des Affaires étrangères et intégrée à la hiérarchie militaire de Moscou. Si ce changement marque une volonté de rupture avec les méthodes de Wagner, il suscite déjà interrogations et inquiétudes.

L’annonce, confirmée par des sources diplomatiques russes et maliennes, s’inscrit dans une reconfiguration de la politique de sécurité extérieure de la Russie. L’Africa Corps, créé fin 2023, est censé représenter une force plus structurée, formelle et étatique.

Contrairement à Wagner, qui opérait comme un groupe privé sous la houlette d’Evgueni Prigojine (décédé en août 2023), l’Africa Corps répond désormais aux ordres directs de Moscou, via le ministère de la Défense et le GRU (services de renseignement militaire).

Cette réorganisation vise à renforcer l’image de légitimité de la présence russe en Afrique, dans un contexte de repli des forces occidentales, notamment françaises, et d’isolement international de la Russie.

Objectifs affichés

Les autorités maliennes, qui collaborent activement avec leurs homologues russes, se félicitent de cette transition.

Selon un communiqué conjoint, la mission de l’Africa Corps portera avant tout sur la formation des forces armées maliennes, l’’appui logistique et technique dans la lutte contre les groupes djihadistes et la sécurisation des sites stratégiques, notamment miniers.

Officiellement, il ne s’agira pas de mener des combats directs, mais de renforcer la capacité opérationnelle de l’armée malienne. Une ligne que Wagner n’avait que rarement respectée, en prenant une part active aux combats – avec un lourd bilan humain.

Avantages escomptés

Le principal intérêt de cette relève serait de mettre fin aux abus et aux bavures qui auraient entaché la réputation de Wagner, accusé de violations graves des droits humains dans plusieurs zones de conflit, dont Moura (centre du Mali).

 En institutionnalisant cette coopération militaire, la Russie entend aussi projeter une image plus professionnelle, renforcer la coopération bilatérale dans un cadre intergouvernemental clair et préserver son influence sécuritaire et économique sur le continent africain.

Une coopération à double tranchant

Alors que la menace djihadiste persiste dans le nord et le centre du Mali, le pouvoir  militaire semble privilégier la stabilité à court terme au détriment d’une souveraineté militaire autonome. Le risque, selon certains observateurs, est que le Mali devienne dépendant d’une puissance étrangère qui impose progressivement ses choix stratégiques.

Adjouavi Domingnon

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