Le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traore a reçu dans la matinée de ce lundi le rapport annuel 2023 de l’Autorité supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC). Ce document de référence, remis par le Contrôleur général d’État, Lassané Compaoré dresse un bilan détaillé des actions menées par l’institution au cours de l’année écoulée dans le cadre de la lutte contre la mauvaise gouvernance et la corruption.
Le rapport s’articule autour de trois tomes principaux. Le premier met en lumière les ressources humaines, matérielles et financières mises à disposition de l’ASCE-LC pour l’exécution de ses missions. Ce volet dresse un tableau des capacités opérationnelles de l’institution et souligne les défis logistiques auxquels elle est confrontée. Les deux autres tomes sont centrés sur les activités de contrôle, d’audit, d’investigation, ainsi que le suivi des recommandations et les actions judiciaires engagées.
Devant la presse, à la sortie de l’audience, le Contrôleur général d’État a apporté des précisions importantes sur les résultats obtenus. « En matière d’enquêtes, nous avons traité un volume significatif de dossiers, issus soit de saisines officielles, de dénonciations anonymes, ou encore de nos propres investigations. Au total, douze dossiers ont été finalisés et transmis à la justice. Ces enquêtes ont permis de mettre en évidence un préjudice financier de 30 milliards FCFA, subi par l’État », a-t-il déclaré.
À ce chiffre déjà alarmant s’ajoute un préjudice complémentaire de plus de 3 milliards FCFA, révélé à travers des audits menés dans différentes structures publiques. Ces montants colossaux illustrent, selon l’ASCE-LC, l’ampleur persistante de la corruption et de la mauvaise gestion au sein de certaines institutions et administrations.
Dans un contexte national marqué par la volonté de refondation de l’État et d’assainissement de la gouvernance, ces révélations viennent renforcer l’appel à une vigilance accrue. Le Contrôleur général d’État a ainsi profité de l’audience pour solliciter un accompagnement renforcé de la part des plus hautes autorités du pays. Il a notamment insisté sur la nécessité de renforcer les moyens d’action de l’ASCE-LC afin de mieux prévenir, détecter et réprimer les pratiques de corruption à tous les niveaux de l’administration publique.
Le Président du Faso, attentif à ces préoccupations, a réaffirmé son engagement en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance, et a salué les efforts continus de l’ASCE-LC dans la consolidation de l’intégrité publique.
Ce rapport 2023, à la fois accablant et révélateur, est un nouvel appel à l’action pour les autorités burkinabè et pour l’ensemble des citoyens engagés dans la lutte contre l’impunité et pour la construction d’un État plus juste et plus responsable.
La rédaction
