Cameroun :  Bello Bouba Maïgari, candidat pour la présidentielle d’octobre 2025

par Africadev
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La course à la présidentielle camerounaise d’octobre 2025 prend une nouvelle dimension avec l’entrée officielle de Bello Bouba Maïgari. Le président de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) a été investi candidat de son parti le 28 juin dernier, lors d’un congrès extraordinaire tenu à Garoua, dans la région du Nord. À 78 ans, cette figure historique du paysage politique camerounais fait le pari d’un retour de son parti sur le devant de la scène, dans un contexte de recomposition politique progressive.

Une investiture stratégique dans un contexte mouvant

C’est devant une assemblée de délégués venus de tout le pays que la décision a été entérinée. L’ambiance du congrès, marquée par l’unité et l’enthousiasme des militants, traduit une volonté forte au sein de l’UNDP : celle de repositionner le parti comme un acteur incontournable du jeu électoral national. L’unanimité autour de la candidature de Bello Bouba témoigne également de la solidité de son leadership au sein de la formation qu’il dirige depuis plusieurs décennies.

Ce choix n’est pas anodin. Il intervient à un moment où le Cameroun entre dans une période charnière, marquée par les incertitudes autour de la succession du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Face à cette perspective, plusieurs figures politiques cherchent à occuper le terrain, et à se présenter comme des alternatives crédibles dans une transition qui, bien que non encore officielle, semble de plus en plus évoquée dans les cercles politiques.

Bello Bouba Maïgari : une longue trajectoire politique

Bello Bouba n’est pas un inconnu du public camerounais. Ancien Premier ministre (1982-1983), ministre à plusieurs reprises sous différents gouvernements, et chef de parti politique depuis les années 1990, il incarne une certaine continuité au sein de la classe politique. Connu pour son tempérament calme et consensuel, il a longtemps privilégié une approche modérée, parfois critiquée pour son manque de radicalité dans un système dominé par le RDPC.

Mais c’est aussi cette constance qui lui confère aujourd’hui une légitimité certaine. Son engagement dans les premières années du pluralisme politique, notamment lors des élections de 1992 et 1997, et sa participation aux gouvernements de coalition, font de lui un témoin privilégié des mutations du pays. Pour ses partisans, cette expérience est un atout majeur face à l’incertitude qui entoure l’avenir politique du Cameroun.

Un paysage politique en mutation

La candidature de Bello Bouba s’inscrit dans une séquence marquée par la montée en puissance de nouvelles figures, mais aussi le retour de certains poids lourds du passé. Parmi eux, Issa Tchiroma Bakary, autre vétéran de la politique camerounaise, a récemment annoncé sa propre candidature, après avoir quitté le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Ces initiatives traduisent un regain d’activité dans les rangs des anciens dignitaires du régime, qui semblent vouloir peser sur l’avenir du pays.

Ce mouvement s’opère dans un climat politique encore dominé par le RDPC, mais de plus en plus questionné sur sa capacité à se renouveler. La scène politique camerounaise reste marquée par une concentration du pouvoir autour de Paul Biya, mais les signaux d’une transition à venir se multiplient, poussant les acteurs à anticiper les futurs équilibres.

Quels enjeux pour l’UNDP et pour l’électorat ?

Pour l’UNDP, cette candidature vise à renforcer la visibilité du parti, qui a connu un certain repli ces dernières années. En relançant son leader emblématique dans la course, la formation espère mobiliser à nouveau ses bastions traditionnels, notamment dans le Nord et l’Extrême-Nord, mais aussi séduire une frange d’électeurs modérés à la recherche d’un candidat d’expérience.

Pour les électeurs camerounais, l’échéance d’octobre 2025 représente plus qu’un simple rendez-vous électoral. Elle est perçue comme une possible transition, voire une ouverture vers une nouvelle configuration politique. Dans ce contexte, la pluralité des candidatures, notamment celles de figures chevronnées comme Bello Bouba, pourrait offrir un panel d’options plus large, tout en interrogeant la capacité du système à évoluer vers plus de pluralisme et de renouvellement.

un signal fort d’un ancien pilier du système

La décision de Bello Bouba Maïgari de briguer à nouveau la magistrature suprême du Cameroun s’inscrit dans un moment politique particulièrement chargé. Si elle ne constitue pas en soi une rupture majeure, elle représente néanmoins un signal fort : celui de l’engagement renouvelé d’un acteur historique, prêt à contribuer à l’avenir politique d’un pays en quête de repères. Reste à savoir si cette candidature saura mobiliser au-delà de son électorat traditionnel, dans un contexte où les Camerounais, plus que jamais, attendent du changement.

La rédaction

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