Côte d’Ivoire : Présidentielle 2025, la tension dans l’ombre du « pouvoir solitaire »

par Africadev
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La Côte d’Ivoire retient son souffle. À quelques semaines de la présidentielle d’octobre 2025, le Conseil constitutionnel a validé la candidature d’Alassane Dramane Ouattara, alors même que toutes les figures majeures de l’opposition : Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan  sont exclues de la course. Cette décision suscite la colère, la consternation et un sentiment de trahison dans une société déjà marquée par l’incertitude et la défiance.

Tension politique : un climat de défiance

Jamais, depuis la crise post-électorale de 2010-2011, la Côte d’Ivoire n’a connu une ambiance aussi électrique. Le régime d’Alassane Ouattara, en validant son propre quatrième mandat, alimente une tension dramatique : la société civile se fragmente, les jeunes oscillent entre résignation et révolte, et le débat public se réduit à une guerre de mots, éclipsant les vraies problématiques du pays, l’accès à l’emploi, l’éducation et la justice équitable. L’irresponsabilité politique du président sortant saute aux yeux : nulle volonté d’apaisement, nulle ouverture vers un consensus ni envers l’histoire tourmentée du pays. Ouattara avance, solitaire, reniant la promesse d’une alternance juste et d’une démocratie vivante. L’homme fait le choix de l’affrontement au détriment du dialogue, verrouillant le jeu électoral et prenant le risque d’un sabotage des acquis démocratiques si durement acquis.

L’opposition fragmentée : un espoir nommé Simone Gbagbo

Dans ce tumulte, une figure émerge, celle de Simone Ehivet Gbagbo, l’« ex-dame de fer ». Ancienne première dame et leader du Mouvement des générations capables (MGC), elle porte la voix des laissés-pour-compte après avoir longtemps œuvré dans l’ombre de Laurent Gbagbo. Sa candidature, loin d’être simple, incarne aujourd’hui la dernière possibilité d’une alternative et, peut-être, d’une formidable revanche pour l’opposition ivoirienne. Mais son parti ne dispose pas de la force de frappe organisationnelle du RHDP au pouvoir, ni des réseaux d’appui massif du PDCI ou du FPI, ce qui la place face à une montagne de défis.

Vers une alliance anti-Ouattara ?

L’union reste le seul levier stratégique pour l’opposition. Les coalitions Cap-Côte d’Ivoire et Front Commun rassemblent tous ceux qui refusent la résignation, mais le chemin vers un candidat unique est semé d’embûches idéologiques, personnelles et historiques. Simone Gbagbo, forte d’une résilience politique et d’un charisme qui transcende les clivages, pourrait fédérer autour d’elle les frustrations et les espoirs des exclus, des jeunes, des victimes d’une gestion solitaire du pouvoir. Mais cette alliance anti-Ouattara n’a qu’une seule chance : dépasser les égos, renoncer à la dispersion et construire une plateforme d’alternance sans concession. Un front uni derrière Simone Gbagbo serait la seule option pour éjecter le président sortant, mais le temps qui reste est court, et les rivalités internes demeurent vives.

La Côte d’Ivoire attend, anxieuse, un sursaut d’intelligence et de courage politiques. Mais face à « la lâcheté institutionnalisée », au zèle d’un régime arc-bouté sur ses privilèges et à une opposition en quête d’un souffle collectif, le pays pourrait de nouveau basculer dans la tempête. Le rendez-vous d’octobre 2025 reste suspendu à un fil, celui d’un changement qui ne viendra que si tous, enfin, décident d’oser.

La rédaction

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