La tension entre l’Algérie et l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Niger, Burkina Faso a atteint un niveau critique. Après des mois d’incidents et de provocations, Alger se retrouve désormais exposée à des représailles majeures de la part de ses voisins sahéliens, qui pourraient aller jusqu’à la suspension du mégaprojet de gazoduc Nigeria-Europe via l’Algérie, un coup potentiellement fatal pour les ambitions régionales algériennes.
Drone abattu : l’acte de trop pour l’AES
Tout a basculé fin mars, lorsque l’armée algérienne a abattu un drone malien à la frontière, à Tin-Zaouatène. Bamako, soutenu par Niamey et Ouagadougou, a dénoncé un « acte d’agression prémédité », assimilé à une attaque contre l’ensemble de la Confédération AES. Les trois États ont rappelé leurs ambassadeurs à Alger, affichant une solidarité inédite et une fermeté qui ne laissent aucun doute sur leur détermination à répondre aux provocations d’Alger.
Expulsions de migrants : l’Algérie accusée de provoquer une crise humanitaire
L’Algérie, déjà sous le feu des critiques pour ses expulsions massives de migrants africains vers la frontière nigérienne, se voit désormais accusée de provoquer une « catastrophe humanitaire ». Ces actes, dénoncés par Niamey et les ONG internationales, ont renforcé la volonté de l’AES de prendre des mesures de rétorsion et d’imposer des sanctions exemplaires à Alger.
Risque de sanction majeure : le gazoduc Nigeria-Europe menacé
La véritable arme de l’AES face à Alger réside dans le contrôle du corridor stratégique du projet de gazoduc transsaharien. Ce chantier colossal, censé relier le Nigeria à l’Europe via le Niger et l’Algérie, est aujourd’hui suspendu à la volonté politique de Niamey et de ses alliés. Si jamais le Niger annonce l’annulation de sa participation, invoquant les expulsions massives de migrants orchestrées par l’Algérie et la dégradation continue des relations bilatérales, ceci provoquera l’effondrement de ce grand rêve algérien. L’Algérie se verra privée d’un levier essentiel sur le marché gazier européen ce qui fera planer la menace d’un basculement définitif vers l’option d’un gazoduc atlantique soutenu par le Maroc.
L’AES hausse le ton : vers une « correction » exemplaire ?
Le Collège des chefs d’État de l’AES affiche une unité sans faille et rappelle que toute agression contre un membre sera désormais traitée comme une attaque contre l’ensemble de la Confédération. De plus en plus de voix s’élèvent au sein de l’AES pour réclamer une « correction » à l’encontre de l’Algérie, jugeant que la multiplication des actes hostiles d’Alger ne peut rester impunie. La possible suspension du projet de gazoduc, via une décision concertée du Niger et de ses partenaires, apparaît désormais comme une sanction crédible et redoutée par l’Algérie.
L’Algérie sommée de revoir sa position
Face à cette mobilisation régionale, l’Algérie se retrouve isolée, son rôle de médiateur et sa position de puissance régionale sérieusement remis en cause. Si Alger persiste dans ses agissements, elle risque de voir le grand projet de gazoduc lui échapper définitivement, au profit de nouveaux axes et partenaires privilégiés par l’AES. Il est temps pour l’Algérie de reconsidérer sa politique vis-à-vis de ses voisins sahéliens, sous peine de subir une sanction économique et diplomatique d’une ampleur inédite.
La crise actuelle marque un tournant : l’AES, soudée et déterminée, n’hésitera pas à frapper fort pour défendre sa souveraineté et ses intérêts stratégiques. L’Algérie, qui pensait imposer son dictat, doit désormais choisir entre l’escalade et la recherche d’un compromis, au risque de perdre définitivement son influence et ses ambitions énergétiques au Sahel.
La rédaction
