Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale la planète n’a connu autant de conflits armés qu’en 2024-2025. Selon l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo, 61 conflits étaient actifs l’an dernier, répartis dans 36 pays, un record historique qui dépasse même les chiffres de 2023, déjà considérée comme une année noire [. L’Afrique reste le continent le plus touché avec 28 conflits étatiques, suivie de l’Asie (17), du Moyen-Orient (10), de l’Europe (3) et des Amériques (2).
Des chiffres alarmants
- En 2023, 170 700 personnes ont perdu la vie à cause des conflits armés, contre 153 100 en 2022.
- Les projections pour fin 2024 anticipaient plus de 230 000 morts, soit une hausse de plus de 30 %.
- La violence politique a augmenté de 25 % en 2024 par rapport à 2023, exposant une personne sur huit à un conflit.
- 305 millions de personnes auront besoin d’aide humanitaire en 2025, conséquence directe de cette flambée de violences.
Les guerres ne sont plus l’exception mais la règle dans de nombreuses régions, et la fragmentation des conflits rend toute résolution plus complexe. L’Ukraine, la Palestine, la Birmanie, le Soudan, le Sahel, le Yémen, la Syrie, le Nigeria et la République démocratique du Congo ne sont que la partie émergée de l’iceberg d’une violence devenue structurelle.
L’Europe et les États-Unis : pompiers ou pyromanes ?
Loin d’être de simples spectateurs, l’Europe et les États-Unis jouent un rôle central dans l’entretien de ces foyers de guerre. Depuis des décennies, la domination occidentale s’est traduite par une influence directe sur les équilibres géopolitiques, les interventions militaires et le commerce des armes. Les États-Unis, en particulier, ont façonné l’Europe à leur image, imposant leur vision stratégique et poussant à l’alignement sur leurs intérêts, souvent au détriment de la stabilité régionale et mondiale.
L’OTAN, bras armé de l’Occident, multiplie les interventions hors de son champ traditionnel, alimentant parfois l’instabilité plutôt que la paix. Les rivalités économiques, les guerres d’influence et la course aux armements ont contribué à fragiliser des régions entières, notamment en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe de l’Est.
De plus, l’instrumentalisation des conflits locaux pour servir des intérêts extérieurs qu’il s’agisse de ressources, d’influence ou de contrôle géopolitique a exacerbé les tensions et prolongé des guerres qui auraient pu trouver une issue négociée.
Un appel à la vigilance et à l’unité pour l’Afrique
Face à cette montée des périls, l’Afrique doit se mobiliser pour préserver la paix sur son sol. Malgré les défis sécuritaires persistants, le continent dispose d’atouts majeurs : la résilience de ses populations, l’engagement de ses collectivités locales et la volonté de ses dirigeants de trouver des solutions africaines aux problèmes africains.
Comme l’a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, « la paix dépend du leadership africain ». L’Union africaine et ses partenaires travaillent déjà à renforcer la sécurité et la stabilité, mais c’est à chaque citoyen africain, à chaque communauté, de s’engager pour faire taire les armes et bâtir un avenir commun
Le monde s’enfonce dans une spirale de conflits sans précédent, alimentée par des logiques de puissance où l’Europe et les États-Unis portent une lourde responsabilité. L’Afrique, forte de son histoire, de sa jeunesse et de sa volonté de paix, doit refuser d’être le théâtre de guerres imposées de l’extérieur. Plus que jamais, il est temps pour les africains de s’unir, de travailler ensemble et de faire de la paix la pierre angulaire de leur développement. Car c’est en gardant le continent en paix que l’Afrique pourra peser sur la scène internationale et offrir à ses enfants un avenir digne et sûr.
Nourdeen Didier Alohou, Expert en communication pour un changement de comportement social et d’impact, Dg Africadev, Loméa
