A Accra, la CEDEAO lance les festivités de ses 50 ans avec des absences de taille
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a officiellement lancé mardi à Accra les activités marquant la célébration de ses 50 ans d’existence. Selon le déroulé du programme, la célébration va être observée pendant toute l’année dans les pays membres. Il offre l’opportunité à l’institution sous régionale de faire un bilan d’un demi-siècle pour se projeter.
Une absence remarquable des chefs d’Etat
La cérémonie a enregistré la présence d’un seul chef d’Etat en dehors de John Dramani Mahama, le président ghanéen qui a eu l’honneur d’abriter l’événement. Joseph Boakai du Libéria est l’unique président à avoir fait le déplacement sur Accra.
Néanmoins plusieurs des douze États membres sont représentés. Notamment la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, le Sénégal et le Bénin entre autres. Le Togo s’est fait représenter par sa Première ministre Victoire Tomegah Dogbé.
Même le président nigérian Bola Tinubu, actuel président en exercice de la CEDEAO s’est fait représenter.
Réconciliation avec l’AES
Dans son allocution de circonstance, John Dramani Mahama a souhaité une longue vie à la communauté confrontée à des problèmes internes ces deux dernières années, liés notamment à la sortie du Burkina Faso, du Mali et du Niger qui forment désormais le Confédération des Etats du Sahel (AES).
« Longue vie à la Cédéao et à la solidarité ouest-africaine ! », a lancé le président ghanéen dans son discours.
Pour sa part, le représentant du président nigérian Bola Tinubu a invité à « réimaginer la CEDEAO comme une communauté pas seulement politique, mais de peuples ».
Même son de cloche chez le président de la Commission de la CEDEAO. Le Gambien Omar Touray a indiqué qu’en dehors des festivités, il est nécessaire de repenser au fonctionnement et à l’idéologie de la communauté pour qu’elle soit plus proche des peuples ouest-africains.
M. Touray a également émis le vœu de voir les Etats membres de la CEDEAO se réconcilier avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Un délai relativement court
Une absence remarquable mais qui n’est pas surprenante à cette cérémonie de lancement officiel des activités est celle des pays de l’AES.
Dans une démarche diplomatique visant à rétablir les liens et à favoriser la collaboration régionale, le président ghanéen a invité les trois pays de l’AES à honorer de leur présence à cette cérémonie. Une initiative qui a été approuvée par tous les pays membres de la CEDEAO.
« Lorsque le Président Mahama a évoqué avec ses collègues son souhait d’inviter les chefs d’État de l’AES, il n’a rencontré aucune opposition ni résistance », a révélé Samuel Okudzeto Ablakwa, ministre ghanéen des Affaires étrangères en conférence de presse le 17 avril dernier.
Mais finalement, aucun des dirigeants de l’AES qui sont Ibrahim Traore, Assimi Goita et Abdourahamane Tiani n’a répondu présent. Cette absence serait due à un délai trop court et d’agenda chargé, selon la présidence ghanéenne.
Adjouavi Domingnon
