Niger : L’or, la souveraineté retrouvée

par Africadev
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Ce 23 avril 2025 marque un tournant décisif dans l’histoire minière du Niger. À Niamey, le gouvernement nigérien a signé un partenariat stratégique avec la société saoudienne Suvarna Royal Gold Trading LLC, scellant la création de la joint-venture Royal Gold Niger SA. Ce nouvel acteur aura pour mission d’installer la toute première raffinerie d’or moderne du pays, mais aussi une unité de fabrication de bijoux et un centre de taille et de polissage de pierres précieuses.

 « C’est une révolution structurelle car, désormais, l’or du Niger ne sera plus seulement extrait, il sera transformé ici, au profit des Nigériens », a déclaré le Ministre nigérien des Mines lors de la cérémonie de signature.

Un secteur minier en pleine mutation

Longtemps, le Niger n’a été qu’un simple pourvoyeur de matières premières, exportant son or brut sans bénéficier de la valeur ajoutée liée à sa transformation. Cette époque touche à sa fin. Depuis 2023, sous l’impulsion du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), le pays s’est engagé dans une refondation profonde de sa politique minière, avec pour objectif central la souveraineté sur ses ressources stratégiques.

La nouvelle raffinerie, fruit de ce partenariat, va permettre au Niger de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur aurifère : de l’extraction à la transformation, jusqu’à la commercialisation. Cette intégration verticale vise à protéger le secteur contre les réseaux illicites, à générer des recettes fiscales, à créer des emplois locaux et à offrir des formations spécialisées.

Des ambitions régionales et monétaires

Le Niger, avec une production de 14,021 tonnes d’or en 2021, entend désormais franchir un cap vers une production industrielle accrue dans les prochaines années. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte régional : avec le Mali et le Burkina Faso, les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont produit ensemble plus de 126 tonnes d’or en 2023, se positionnant comme un pôle aurifère de premier plan sur le continent africain.

Mais l’enjeu va bien au-delà de la simple valorisation minière. L’AES ambitionne de structurer et dynamiser toute la filière aurifère, dans une logique de souveraineté économique et monétaire. Des discussions avancées évoquent la création d’une monnaie commune, adossée à l’or, pour rompre définitivement avec la dépendance au franc CFA et asseoir une nouvelle ère d’indépendance financière.

Un acte fondateur pour l’avenir

Ce partenariat avec Suvarna Royal Gold Trading LLC n’est pas un simple contrat commercial. Il incarne la volonté politique des autorités nigériennes de transformer l’or en levier de prospérité et de dignité nationale. L’État assume pleinement son rôle dans la joint-venture, garantissant que les retombées profiteront d’abord aux Nigériens, aujourd’hui et demain.

 « Grâce à ce partenariat, nous ne faisons pas que signer un accord : nous écrivons une page d’histoire », a souligné le ministre nigérien des Mines.

Alors que l’orpaillage artisanal demeure un pilier de subsistance pour de nombreuses familles depuis les années 1950, le Niger s’engage à structurer, protéger et valoriser ce secteur. La révolution aurifère est en marche, et avec elle, l’espoir d’un développement enfin maîtrisé, au service de la souveraineté et de la croissance partagée pour toute la région du Sahel.

Nourdeen Didier Alohou

Expert en Communication pour un changement de comportement Social et d’Impact. Dg Africadev, Lomé

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