Nouvelle escalade diplomatique entre l’Algérie et le Mali : fermeture des espaces aériens et accusations mutuelles

par Africadev
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Les relations déjà tumultueuses entre l’Algérie et le Mali ont atteint un nouveau sommet de tension avec une série de mesures drastiques prises par les deux pays. La fermeture réciproque des espaces aériens, annoncée le 7 avril 2025, marque une nouvelle étape dans cette crise diplomatique qui s’intensifie.

Les faits marquants : une crise aérienne et diplomatique

  1. Fermeture de l’espace aérien algérien
    L’Algérie a annoncé la fermeture immédiate de son espace aérien à tout appareil en provenance ou à destination du Mali. Cette décision, justifiée par des « violations répétées » de son espace aérien par des drones maliens, a été communiquée par le ministère algérien de la Défense via la télévision nationale.
  2. Riposte malienne
    En réponse, Bamako a également fermé son espace aérien aux avions algériens, invoquant le principe de réciprocité. Le Mali accuse l’Algérie d’avoir abattu, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, un drone malien en mission de reconnaissance sur son propre territoire, qualifiant cet acte d’hostile » et « prémédité ».
  3. Rappel des ambassadeurs
    Le 6 avril 2025, le Mali, accompagné de ses alliés du Niger et du Burkina Faso au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), avait déjà rappelé ses ambassadeurs en Algérie pour consultations. En réaction, Alger a rappelé ses propres ambassadeurs au Mali et au Niger et suspendu la nomination de son ambassadeur au Burkina Faso.

Un conflit enraciné dans des désaccords historiques

Les tensions actuelles s’inscrivent dans un contexte plus large de relations conflictuelles entre les deux pays. Depuis plusieurs années, Alger et Bamako s’opposent sur divers fronts :

  • L’accord d’Alger (2015) : Cet accord, destiné à stabiliser le Mali face aux insurrections dans le nord du pays, est aujourd’hui suspendu après que Bamako s’est retiré unilatéralement en janvier 2024.
  • Accusations mutuelles : Le Mali accuse l’Algérie de soutenir indirectement des groupes armés dans la région, tandis qu’Alger dénonce l’incapacité du régime malien à gérer efficacement les crises sécuritaires.

Une escalade aux conséquences régionales

Cette crise diplomatique dépasse les frontières bilatérales. L’implication des membres de l’AES (Mali, Niger et Burkina Faso) témoigne d’une polarisation croissante dans la région. Ces trois pays reprochent à l’Algérie une ingérence qui compromettrait la stabilité régionale. De son côté, l’Algérie rejette ces accusations qu’elle qualifie de « mensongères » et dénonce une tentative de détourner l’attention des échecs internes des régimes militaires au pouvoir dans ces États.

Quelles solutions pour apaiser les tensions ?

Le respect et la relance de l’accord d’Alger pourraient représenter une voie vers la désescalade. Cet accord avait été conçu pour renforcer la coopération entre les deux pays dans la lutte contre le terrorisme et pour stabiliser le nord du Mali. Cependant, sa mise en œuvre nécessiterait une volonté politique renouvelée des deux parties.

Adjouavi Domingnon

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