Macron au Conseil Européen : Un discours controversé sur l’Afrique qui relance le débat sur le néocolonialisme français

par Africadev
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Lors d’un Conseil Européen extraordinaire tenu à Bruxelles, le président français Emmanuel Macron a tenu des propos qui font déjà couler beaucoup d’encre à travers le monde, et plus particulièrement sur le continent africain. Dans un discours censé définir la position de la France face aux enjeux géostratégiques et économiques globaux, le président a réaffirmé ce qu’il considère comme un devoir historique de la France envers l’Afrique, déclenchant une vague de critiques.

« La France n’abandonnera pas ses anciennes colonies d’Afrique. Ce n’est pas le moment de quitter l’Afrique et la laisser se prendre en charge toute seule. L’Afrique reste le continent le moins développé. Et l’histoire montre que nous avons un rôle à jouer pour l’aider dans sa croissance. Notre retrait pourrait compromettre ses progrès. Nous avons encore beaucoup de travail à abattre là-bas. Nous croyons qu’ils ne sont pas entièrement prêts à amorcer le décollage économique tout seuls, sans notre engagement. »

Ces propos, tenus devant ses homologues européens et retransmis en direct sur plusieurs chaînes d’information, ont aussitôt été perçus comme une nouvelle démonstration de paternalisme occidental envers le continent africain, et en particulier comme une réaffirmation implicite du rôle néocolonial de la France en Afrique.

Réactions immédiates : indignation et colère en Afrique

Sur les réseaux sociaux, la réaction a été immédiate. De nombreux internautes africains ont fustigé ce qu’ils considèrent comme une insulte à leur souveraineté. Des hashtags comme #FranceDégage, #MacronOutOfAfrica ou encore #AfricaIsNotAFrenchColony ont rapidement pris de l’ampleur sur Twitter et Instagram.

Des figures panafricaines influentes, comme le militant Kemi Seba ou encore Nathalie Yamb, ont dénoncé ce qu’ils appellent un discours « néocolonial », « condescendant », voire « insultant ». D’autres analystes politiques ont souligné que ce type de déclaration alimente le ressentiment croissant envers la France dans plusieurs pays francophones d’Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, au Burkina Faso ou encore au Niger, où la présence militaire française est déjà vivement contestée.

Le masque tombe ?

Pour certains observateurs, ce discours a eu le mérite de mettre en lumière ce que beaucoup dénoncent depuis longtemps : la volonté de la France de maintenir une mainmise sur les ressources et les décisions stratégiques africaines, sous couvert d’aide au développement.

« La vérité, c’est que le diable qui se cache derrière la France va souffrir. Elle 🇫🇷 veut juste continuer dans le saccage (pillage) des ressources de l’Afrique », a lancé un jeune militant togolais sur Facebook, dans un message massivement partagé.

La question des bases militaires françaises, de l’exploitation minière, ou encore du franc CFA – encore utilisé par plusieurs pays – revient ainsi au cœur des débats. Les détracteurs de la politique africaine de Paris y voient un système bien rodé de domination économique et diplomatique que Macron cherche à préserver, malgré les apparences d’un « nouveau partenariat ».

Une diplomatie de façade ?

Ce n’est pas la première fois que le président français provoque la polémique sur le dossier africain. En 2017 déjà, lors du sommet du G20, il avait déclaré que l’un des défis du développement de l’Afrique était lié à la natalité trop élevée, suscitant une vive controverse.

Depuis lors, malgré quelques gestes symboliques (discours à Ouagadougou, restitution d’œuvres d’art, allègement de dette), la perception populaire est que la France n’a pas changé de logiciel : celui d’une puissance qui agit d’abord pour ses intérêts géopolitiques et économiques, sous couvert de coopération.

Une rupture inévitable ?

Dans un contexte où plusieurs pays africains se tournent désormais vers d’autres partenaires comme la Chine, la Russie ou encore la Turquie, le discours de Macron apparaît pour beaucoup comme un aveu d’impuissance, voire de panique.

Il semble aujourd’hui évident que les peuples africains veulent écrire leur propre histoire, sans tuteurs. Et si la France refuse de revoir fondamentalement sa posture, elle risque de perdre, non seulement son influence, mais surtout le peu de crédibilité qui lui reste auprès de la jeunesse africaine, de plus en plus éveillée, informée, et mobilisée.


Ce discours du président français pourrait bien marquer un tournant décisif dans les relations franco-africaines. Car derrière les mots se cachent des décennies d’un rapport inégal, que beaucoup ne sont plus disposés à accepter. Le vent de la souveraineté souffle fort sur l’Afrique, et il se pourrait que la tempête balaye bientôt les derniers symboles du « pré carré » français.

Adjouavi Domingnon

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