7èm Réunion Ministérielle du PEAA : Corinne Amori Brunet pour un meilleur accès de l’AES aux façades atlantiques

par Africadev
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Cotonou a accueilli, les 12 et 13 juillet 2026, la 7ᵉ réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques (PEAA), une rencontre de haut niveau qui a confirmé la montée en puissance d’un cadre de coopération désormais qui constitue un levier stratégique pour la sécurité, la connectivité et l’intégration économique du continent. Au terme des 48 heures de travaux, les ministres ont adopté la Déclaration de Cotonou, texte qui donne un nouvel élan à cette dynamique atlantique africaine.

La rencontre de Cotonou n’a pas seulement été un rendez-vous diplomatique. Elle a surtout servi de tribune à une vision : faire de la façade atlantique africaine un espace de prospérité partagée, ouvert aux pays de l’intérieur du continent, et particulièrement aux États de l’hinterland ainsi qu’aux pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Une déclaration à forte portée

La Déclaration de Cotonou se distingue d’abord par son orientation très opérationnelle. Elle insiste sur la nécessité de renforcer la sécurité maritime, d’améliorer la fluidité des échanges, de moderniser les corridors logistiques et de structurer des mécanismes de coopération capables de relier plus efficacement les ports atlantiques aux économies continentales enclavées. La déclaration marque une volonté claire : transformer l’Atlantique africain en plateforme économique de résilience sécuritaire et de développement durable.

Les conclusions des travaux vont dans le même sens. Les ministres ont réaffirmé l’urgence    d’une coopération plus étroite entre les États riverains de l’Atlantique autour de quatre priorités : la surveillance maritime, la connectivité portuaire et terrestre, la transition énergétique et la lutte contre les pirates maritimes ainsi que les trafics transfrontaliers. En toile de fond, l’enjeu est limpide : faire de l’espace atlantique africain un couloir stratégique au service non seulement des pays côtiers, mais aussi des États sahéliens et enclavés.

L’hinterland au cœur de la nouvelle ambition

L’un des points les plus marquants de cette réunion réside dans le positionnement des pays de l’hinterland. Corinne Amori Brunet, la Ministre des Affaires Etrangères du Bénin envoyé un signal fort : l’accès à la mer ne doit plus être perçu comme un privilège géographique réservé aux pays littoraux, mais comme un droit économique à organiser par l’intégration régionale, les infrastructures et des procédures plus souples.

Dans cette logique, le PEAA entend favoriser une meilleure articulation entre les ports atlantiques et les pays de l’intérieur. Cela suppose des corridors plus compétitifs, des chaînes logistiques plus rapides, des guichets douaniers modernisés et une coopération technique renforcée entre administrations portuaires, transporteurs, douanes et services de sécurité. Pour les États enclavés, l’enjeu est considérable : réduire les coûts de transit, sécuriser les approvisionnements et fluidifier l’accès aux marchés internationaux.

Le message est également géopolitique. Dans un contexte de recomposition des routes commerciales africaines, l’hinterland apparaît comme un partenaire central de la projection atlantique du continent. Cotonou a donc servi de caisse de résonance à une idée simple mais structurante : sans l’intérieur du continent, la façade maritime ne peut pas à elle seule porter l’intégration africaine.

Le plaidoyer de Corinne Amori Brunet

Au centre de cette rencontre, la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a joué un rôle particulièrement visible. Son plaidoyer s’inscrit dans une ligne diplomatique claire : Mettre en œuvre la volonté du Président Romuald Wadagni d’ouvrir davantage le port et les corridors béninois aux pays de l’hinterland et de l’AES.

Dans son intervention, la cheffe de la diplomatie béninoise a défendu une lecture résolument inclusive du rôle du Bénin dans l’espace ouest-africain. Elle a plaidé pour un accès plus large des pays sahéliens aux façades maritimes atlantiques, en insistant sur la nécessité de faciliter les échanges, de renforcer les interconnexions et de bâtir des mécanismes de coopération concrets au bénéfice des économies enclavées.

 Didier Nourdeen ALOHOU, Consultant Média, DG AFRICADEV

Expert CCC

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