Goma : RDC et le M23 s’accordent sur un cessez-le-feu, la médiation de Faure Gnassingbé en marche

par Africadev
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Le gouvernement congolais et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) s’engagent à un cessez-le-feu immédiat dans la crise qui les oppose à Goma à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Les deux parties ont signé mercredi 23 avril à Doha au Qatar une déclaration conjointe dans ce sens. Cette signature intervient quelques jours après la visite de Faure Gnassingbé, médiateur de la crise à Kigali au Rwanda.

Une première sous les tropiques

C’est la première fois que le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC/M23 ont publié une déclaration conjointe exprimant leur volonté d’œuvrer à la conclusion d’une trêve.

Les deux parties se sont engagées à favoriser un cessez-le-feu effectif, considérant cette étape comme clé pour un dialogue constructif menant à un retour durable de la paix en RDC et dans la région.

Cette avancée fait suite à trois semaines de discussions à Doha, sous la médiation du Qatar, une initiative saluée par plusieurs acteurs régionaux et internationaux.

Premier succès pour Faure Gnassingbé

Alors que les pourparlers de Doha s’achevaient, le président togolais Faure Gnassingbé se rendait à Kigali, relançant une autre phase du processus sous mandat de l’Union africaine. Objectif : détendre les relations entre la RDC et le Rwanda, que Kinshasa accuse régulièrement de soutenir le M23. Accusation que Kigali ne cesse de rejeter fermement, parfois trahi par les preuves.

Nommé médiateur il y a de cela quelques semaines, le chef de l’Etat togolais s’est aussi rendu chez son homologue congolais, Félix Tshisekedi. C’était le mercredi 16 avril dernier. Accompagné de son ministre en charge des affaires étrangères, le président togolais a pu convaincre le dirigeant congolais qui à l’arrivée s’est  réjoui de la désignation de M. Gnassingbé comme médiateur et souhaité qu’il mette rapidement fin à la guerre.

La signature de la déclaration conjointe du 23 avril entre les deux belligérants est un signal fort dans la résolution de cette crise sous la médiation de Faure Gnassingbé.

Soutien des USA

Au lendemain de cette signature, Faure Gnassingbe a reçu à Lomé, le chef de l’Etat et l’Envoyé Spécial du Secrétaire général pour la Région des Grands Lacs, Huang Xia.

 Le diplomate en poste depuis janvier 2019, a notamment échangé avec le leader togolais sur les efforts régionaux de paix déjà entrepris, en vue de relever les défis de paix et de sécurité dans cette partie du continent, et assuré de la “disponibilité complète” de son bureau à appuyer les efforts des autorités togolaises.

Vague de réactions

Dans leur communiqué publié mercredi 23 avril, le gouvernement de RDC et l’AFC/M23 affirment avoir mené « des discussions franches et constructives ». Ils affirment « avoir convenu de travailler ensemble à la conclusion d’une trêve qui permettra l’instauration d’un cessez-le-feu effectif ». Les deux parties se disent également prêtes « à respecter l’ensemble des engagements, avant d’ouvrir un dialogue constructif, qui sera censé s’attaquer aux causes profondes de la crise ».

Cette signature est diversement appréciée. Dans un communiqué publié jeudi, la société civile, Forces vives de la RDC dénonce l’attente de plus de trois ans avant que l’évidence d’un dialogue direct avec l’AFC/M23 soit enfin admise.

« Devait-on assister à l’occupation de Goma et de Bukavu, à la perte tragique de vies humaines ainsi qu’à la destruction des infrastructures essentielles avant de reconnaître cette nécessité ? », s’interroge l’organisation.

Jean-Bosco Lalo, premier vice-président national et porte-parole des Forces vives de la RDC révèle que « La population congolaise ne trouve pas ses intérêts directs dans cette déclaration conjointe. Elle attend des réponses concrètes à ses souffrances, notamment le respect de l’ordre constitutionnel et l’imputabilité des responsables de cette crise.

« Seules des discussions inclusives, réunissant tous les Congolais, la société civile comme l’opposition armée, peuvent apporter des solutions durables à la crise multidimensionnelle que traverse notre pays », a-t-il conclu.

A l’opposé, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe sur X qui estime que cette déclaration conjointe constitue « un pas important, voire décisif, vers une paix durable à l’est, pourvu, ajoute-t-il, qu’elle soit mise en application en toute bonne foi ».

La Rédaction

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